Le Secret des glaces est bien gardé

Clément Solym - 09.02.2012

Edition - International - carter - Secret des glaces - pseudonyme


Best-seller aux États-Unis et en Australie, cette histoire de complot (une jeune fille découvre qu'elle détient un savoir très ancien, et devra se battre pour le conserver) en cache un autre. Personne ne saurait, pour l'instant, qui se cache derrière le nome de son auteur, Philip Carter.

Étant donné que l'intrigue est tissée de faits historiques avérés, les plus malins ont cherché à y trouver la patte des auteurs de romans historiques les plus connus. Autrement, on murmure Ludlum, Brown, ou Coben.  

Mais, comme l'affirme Arifa Akbar, soit un auteur fait la tortue, soit il s'agit d'une stratégie publicitaire (pas très fine), d'autant plus que le site de l'auteur le présenterait comme « internationalement connu », rapporte The Independent.

 

Ce n'est donc pas un ermite.

Pour Arifa Akbar, il s'agit moins aujourd'hui de ne pas revendiquer la paternité d'une œuvre par modestie que de créer un nouvel espace rattaché à l'auteur afin qu'il s'exprime dans un genre nouveau, pour récupérer de mauvaises ventes, pour effacer une image peu flatteuse, pour tenter de se faire un nouveau lectorat.

Il peut s'agir d'un désir de laisser dans l'ombre son passé, ou son sexe, son origine. Les tendances ne trompent pas : on attribue aux hommes et aux femmes des genres littéraires très marqués.  Si l'auteur souhaite faire un roman d'aventures à base de courses poursuites en Alfa Roméo et qu'il présente le désavantage d'être une femme, il (quel pronom utiliser?) devra se choisir entre une reconversion dans l'érotisme ou un changement de nom, s'il veut vendre.

Un livre comme celui de Carter, devenu mondialement connu, attise logiquement la curiosité du lectorat. Arifa Akbar s'interroge : connaître la véritable identité d'un auteur peut-il changer notre expérience du texte ? A chacun son avis sur la question.

On déplorera peut-être le manque d'originalité de celui ou celle qui se cache derrière le nom de Philip Carter. François Rabelais, mélangeant les lettres de son nom, s'était rebaptisé Alcofribas Nasier.  Autrement plus élégant...