Le secteur du livre ne connaît pas de crise (GfK)

Clément Solym - 06.03.2011

Edition - Société - livres - internet - vendre


Avec ses quatre milliards d'euros de chiffre d'affaires, l'industrie du livre tient le haut du pavé dans le secteur culturel. Natacha Hombourger, qui pilote le groupe livre chez GfK, le cabinet d'analyse, donne quelques précisions sur le domaine français.

« Le secteur ne connaît pas de crise. L'année dernière, le marché du livre a retrouvé un rythme de croisière plutôt stable quoiqu’en très légère baisse après une année très positive marquée par le succès de la saga Twilight », explique-t-elle à nos confrères de RelaxNews. De fait, 2010 apporte cependant quelques nuances : d'abord, l'augmentation du marché d'occasion, 15 % contre 12 % en 2009. De même, les achats impulsifs sur la toile diminuent, de 62 % en 2009 à 57 % en 2010.


Aujourd'hui, le secteur de la vente en ligne représente 8 % des ventes, contre 3 % en 2009 - face à un ecommerce qui augmente en France. Grandes surfaces alimentaires et spécialisées résistent également mieux, là où la librairie traditionnelle connaît une baisse de fréquentation. On note également deux tendances fortes, pour le secteur vie pratique, option régime, et le fantastique - et toujours la série Twilight, qui a dynamisé les ventes jeunesse.

Natacha Hombourger note également les grandes réussites, de Loran Deutsch, dont le Métronome, chez Michel Lafon a généré 880.000 ventes, ainsi que l'indicible Indignez-vous, vendu à 1,4 million d'exemplaires.

L'ebook, encore parent pauvre

Reste alors le pan numérique du livre : représentant 1 % des ventes, il est évidemment en pleine construction. Et selon les données GfK, on recenserait 13 % de sondés qui ont lu un ebook au cours des trois derniers mois. Le secteur est encore restreint, du fait de cette modification du rapport à l'oeuvre : « Le consommateur passe d'une notion de possession avec le livre physique à une notion d'usage. D'autre part, le développement de ce marché subit plusieurs freins comme la multiplication des types de matériels et les différents formats de fichiers. »

Cependant, bien que l'offre tende à s'étoffer - entre 80 et 100.000 titres, mais quel pourcentage d'ePub ? - le prix peut incarner un frein, en regard de ce qui se fait pour le livre papier. « Les tarifs peuvent donc apparaître comme trop élevés pour les lecteurs. Sans compter que le prix du livre numérique n'est pas encadré à l'image des ouvrages physiques avec la loi Lang sur le prix unique. » (Via MyBoox)

Cette dernière réflexion peut sembler un peu hors contexte, attendu que la loi Lang ne fera en rien baisser le prix des livres numériques, mais permettra simplement aux éditeurs d'en fixer le tarif...