Le Seigneur des anneaux, une échappatoire pour Tolkien, médiocre académicien ?

Camille Cado - 29.01.2020

Edition - Société - Tolkien académicien carrière - Hobbit erreur Tolkien - Tolkien procrastination


Dans un récent article, John M. Bowers, spécialiste de la littérature anglaise médiévale et auteur de Tolkien's Lost Chaucer, explore le lien qui lie l'oeuvre de J.R.R Tolkien au célèbre poète anglais du XVe siècle, Geoffrey Chaucer (Les Contes de Canterbury). En explorant son travail académique et notamment sa tendance à ne jamais rendre ou finir ses tâches, l'expert laisse entendre que Le Seigneur des anneaux aurait été une excuse pour Tolkien afin d'éviter ses charges académiques.
 
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

John M. Bowers est un spécialiste de la littérature anglaise médiévale de renommée internationale. Il a publié des ouvrages sur Chaucer, Langland et le poète Gawain. Diplômé des universités Rhodes, Duke, Virginia et Oxford, a enseigné à Caltech et à Princeton avant de s'établir à l'Université du Nevada à Las Vegas.

Dans Tolkien's Lost Chaucer (Oxford University Press), il révèle l'histoire d'un livre inédit et inconnu de J.R.R. Tolkien, conservé dans les archives de l'université. Il s'agit de son étude sur Geoffrey Chaucer intitulée Clarendon Chaucer qu'il avait fini par abandonner en 1951, après presque 30 ans de travail.

Cet ouvrage donne accès à des documents annotés par Tolkien lui-même, où il étudie en profondeur la littérature du célèbre poète anglais du XVe siècle, mais aussi à des lettres et des conférences inédites du créateur de Bilbo le Hobbit.

Dans un article publié par Literary Hub, John M. Bowers revient de façon plus rapide et directe sur l'intérêt de J.R.R Tolkien pour l'oeuvre de Geoffrey Chaucer, et sur la manière dont cette dernière l'a fortement inspiré. Rappelons qu'en qualité de philologue à l'université d'Oxford, J.R.R. Tolkien aimait particulièrement étudier les textes anciens tels que Beowulf, Sir Orfeo, Pearl, le Livre Rouge de Hergest ainsi que ceux de Geoffrey Chaucer.
 

 

Tolkien, roi de la procrastination


D'ailleurs, il travailla de nombreuses années sur des passages de l’œuvre du poète médiéval avec l'intention de publier sa propre étude chez Clarendon Press sous le titre provisoire de Clarendon Chaucer. Mais voilà, comme d'habitude face à un projet universitaire, Tolkien fut encombré d'un large poil dans la main.

Cette procrastination était loin d'être sans conséquence pour Tolkien, qui se sentait au contraire coupable de ne jamais tenir les promesses qu'il faisait à ses éditeurs, ou encore face aux accusations de ses collègues.

« Une fois, il m'a confié qu'il savait que certains étaient déçus par le peu de chose qu'il avait fait dans le domaine universitaire, mais qu'il avait plutôt choisi d'explorer sa propre vision des choses » a confié l'un de ses anciens élèves.

Il préférait ainsi écrire des textes pour ses enfants plutôt que d'avancer sur sa traduction de Beowulf. En ce sens, Vincent Ferré, commissaire de l'exposition consacrée à l'auteur britannique à la BnF, avait expliqué que Le Hobbit était « d’ailleurs un accident pour Tolkien [...] C'était un récit pour ses enfants, de même qu’il inventait pour eux chaque année une lettre “du père Noël” censée arriver au Pôle Nord, ou qu’il a inventé Monsieur Merveille ».

Dès lors, la surprise fut grande — et quelque peu amère sans doute — pour les autorités de l'université en apprenant la publication du Hobbit ou encore du Seigneur des anneaux. « Un professeur de philologie qui publie des contes de fées et des romans, ils ont considéré cela comme une aberration ! » a expliqué l'auteur dans sa correspondance. Surtout en regard à la longue liste de choses qu'il s’était engagé à faire pour l’université et qu’il était très loin d’avoir fini… 
 

Mais bon, alors que la plupart des gens procrastinent aujourd’hui en se perdant sur les réseaux sociaux, J.R.R Tolkien, lui, écrivait ce qui allait devenir l’une des séries fantastiques les plus célèbres au monde.

Pour explorer davantage l’univers de celui que l’on pourrait comparer à un médiocre universitaire, l’exposition Voyage en Terre du Milieu se tient jusqu’au 16 février 2020 à la BnF.


Dossier : JRR Tolkien, le génie de l'histoire



Commentaires
Je ne peux qu'être en désaccord. La médiocrité porte sur la qualité, non la quantité. Je sais que la productivité est devenue le critère académique par excellence, au point que de nombreux chercheurs se recyclent et se répètent sans cesse pour gonfler les CV, mais tout de même, produire beaucoup et produire du bon, ce sont deux choses radicalement différentes. Sans compter la dimension d'enseignement.

En outre, académicien renvoie à l'académie. Academic se traduit volontiers par universitaire.
Tout est dit rien à ajouter.
Tolkien est probablement le meilleur philologue de son temps, et ses contemporains le reconnaissent. C'est la raison pour laquelle ils déplorent son manque de productivité, sans voir que le travail de sa vie est ailleurs. Qui lui en voudrait d'avoir troqué sa contribution à une science presque disparue contre un chef d'œuvre sans équivalent dans l'histoire de la littérature ?
Très professionnelle, cette manière de parler du Tolkien: le mec écrit une trilogie qui'a été le livre le plus vendu au royaune uni pendant des décennies (bien avant la bible, qui était acheté pour tous les hôpitaux, prisons, etc etc) et on parle de lui dans ces termes juste pour vendre un livre de plus...
Bowers , spécialiste de littérature médiévale , installé à Las Vegas....on vit une étrange époque.je suis chippendale et je pose mes valises à Doha!Quel blagueur!
Ce texte est assez ridicule et reflète très mal la réalité d'un grand philologue. Un poste permanent à Oxford n'est pas accordé à un adepte de la procrastination...
Vous devriez franchement retirer votre article pitoyable. Ce n'est pas du tout ce que Bowers pense de Tolkien, mais bien votre perception erronée. Le volume de la production académique de Tolkien est prodigieux et on découvre régulièrement de nouveaux éléments comme le Chaucer. Et on s'est aussi rendu compte qu'il avait pris le temps de participer à la traduction de la Bible de Jérusalem en anglais. On savait qu'il avait traduit le livre de Jonas, mais en fait il a aussi fait Isaïe et probablement Job...



Il ne faut pas confondre l'auto-critique permanente de Tolkien avec la réalité de son travail. Il se plaint toujours de ne rien faire de bien et de ne rien faire à temps. Mais ses contributions universitaires comme Gawain and the Green knight et son Beowulf restent des classiques non dépassés 80 ans après leur publication.

Donc, non, évitez de vous faire de la mauvaise pub sur le dos du Professeur.
"Bowers, médiocre historien : cracher sur Tolkien, dernière échappatoire pour essayer de se faire briller le derrière ?"
L'éditorialiste n'a sans doute pas lu le moindre récit de Tolkien... Il me semble impossible après avoir été en contact avec l'univers immense du professeur lui attribuer les termes de "procrastination" ou de "poil dans la main" qui sont absurdes voir insultants.
Article pitoyable, truffé de fausseté tant sur la carrière universitaire de Tolkien que sur l'article dont il est tiré.
Bon si c'est de la procrastination, ça été en faite très productif, sans parler de la célébrité et popularité crée par conséquence, et si c'était les cas, Tolkien avait raison d'ignorer ou donner une deuxième priorité aux charges académiques, son activité envers ses langues et romances l'ont rapporte d'avantage plus que s'il avait donné priorité à ses chargés académiques, si on prends en compte les dires/écrits de l'auteur de ce livre en même temps de l'auteur de l'article. Donc le résultat donne comme conclusion que c'est n'étais pas du tout de la procrastination mais d'une longue et grosse élaboration.
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