Le Sénat accorde quatre millions € de crédit d'impôts pour les librairies d'Italie

Nicolas Gary - 27.11.2017

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Les libraires d’Italie exultent : lors d’une discussion au Sénat a été adopté un amendement permettant une réduction d’impôt pour les boutiques. Un crédit d’impôt porté par un parlementaire va introduire deux remises d’envergure : 20.000 € pour les librairies indépendantes et 10.000 € pour celles accolées à un groupe éditorial.


Foire du livre de Turin 2017
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

C’est durant les discussions autour de la loi de Finances, relève le ministre de la Culture, Dario Franceschini, qu’une mesure d’allégement fiscal a été votée pour toutes les librairies. « Une aide pour les soutenir et, surtout, pour sauver les plus petites du risque d’un effondrement », note-t-il. 

 

La mesure introduite que pour les activités commerciales spécialisées dans la vente de livres au détail, un crédit d’impôt sera instauré. La limite de cette enveloppe est plafonnée à 4 millions € pour 2018 et 5 millions € par an à partir de 2019. 

 

Le feu vert obtenu de la commission du budget au Sénat permet à l’amendement issu du Parti démocrate (celui de Matteo Renzi) d’alléger la situation de la librairie dans le pays. « Avec cette mesure, nous assurons un fort soutien au modèle économique des librairies, tout particulièrement pour les plus petites, qui risquent de fermer dans tout le pays », déclare le ministre de la Culture avec enthousiasme.

 

 

 

« Avec les nouvelles normes sur le spectacle vivant, voici un moyen de renforcer la lecture. La préservation des librairies est une valeur sociale aussi bien qu’une mesure culturelle très forte. »

 

L'interprofession applaudit, mais réclame un Plan pour le livre
 

Bien entendu, l’Associazione Italiana Editori accueille avec un grand plaisir ce vote. « Les librairies représentent aujourd’hui l’un des principaux lieux de diffusion de la culture et de la lecture. Il est donc crucial d’assurer un soutien fiscal pour préserver leur commerce », assure Ricardo Franco Levi, président de l’AIE.

 

Ce dernier fut par ailleurs à l’origine de la législation italienne introduisant une régulation dans la vente de livres et le plafonnement des remises possibles. « Nous espérons que cela représente un pas en avant dans l’approbation de la loi sur le livre et la lecture, dont l’Italie a besoin depuis des années », poursuit-il.

 

En octobre dernier, les dirigeants de l’AIE ont pu rencontrer le président Mattarella et le ministre Dario Fraceschini pour évoquer le sujet. 

 

Pour sa part, Cristina Giussani, présidente du Sindacato italiano librai, y voit une véritable victoire : depuis plusieurs années, le syndicat de la librairie demande une semblable mesure. « C’est là une reconnaissance de notre expertise, parce que nous avons travaillé dur pour fournir un rapport, des données des conseils », affirme-t-elle.

 

Mais surtout un pas en avant dans l’accès à la culture, alors que la librairie incarne « le sommet de l’iceberg, qui implique auteurs, éditeurs, imprimeurs et dont toute crise entraînerait non seulement un appauvrissement de la chaîne, mais surtout, engendrerait des milliers de licenciements ».
 

Et de ce côté des montagnes...


Chose des plus intéressantes : une mesure a également été adoptée par les sénateurs en France, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances. Cet amendement va exonérer les librairies de petite taille et taille intermédiaire, de la cotisation foncière des entreprises, CFE, ainsi que de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). 

 

Le problème est que cette exception était précédemment réservée aux établissements disposant du Label LIR, et qu’avec l’extension que les sénateurs ont votée, tout un chacun pourrait en profiter – depuis les chaînes en passant par les enseignes. La mesure serait loin de faire l’unanimité de ce côté des Alpes, entraînant la mise à mort, peu ou prou, de la fameuse labellisation...