Le sexe, une réalité politique du gouvernement de Berlusconi

Clément Solym - 17.07.2009

Edition - Société - sexe - réalité - politique


« Vous êtes un homme misérable qui se dissimule derrière une apparente bonté. » Non, soyez rassurés, personne n'a jeté cette phrase au visage de Sylvio Berlusconi directement. Car la littérature est adroite : elle révèle sans dévoiler, tout comme le roman scandale de Maria Genisi, Come quando fuori piove.

Dans ce roman érotique, c'est tout le gouvernement de Sylvio qui en prend plein les dents, soulevant les délicates questions du côté papillon séducteur du président italien. Son livre raconte ainsi l'histoire d'amour fictive, évidemment, entre une caissière de supermarché et un ministre, qui lui propose un siège au parlement... Et finalement se ravise, et propose une autre de ses maîtresses comme candidate.

Et le livre ne manque pas d'agiter : on se demande désormais quelle est l'identité du ministre, dans quelle mesure le livre n'est finalement pas autobiographique, et surtout, s'il reflète réellement les relations italiennes entre sexe et politique.

Or, il intervient dans un contexte où, voilà quelques semaines, le président a dû répondre à des accusations le compromettant dans une affaire de coucheries avec une call-girl, en novembre 2008. Autant dire que l'on verse une grosse rasade d'huile d'olive sur le feu.

Car Maria fait partie de ces femmes que Berlusconi et ses ministres ont, durant un temps, poussé sur la scène politique, leur laissant entrevoir une belle carrière. En février 2008, un député de Pouille la contacte et lui offre de poser sa candidature. Elle présente son CV, photo et tutti quanti, mais en mars, elle ne retrouve pas son nom sur la liste proposée. Après enquête, elle apprend qu'une maîtresse du député a été préférée.

Et comme son héroïne, Cleofe De Dominicis, elle aura cette phrase à l'encontre de Salvo Toscani, le ministre du roman : « Je comprends qui vous êtes, Salvo. Un homme misérable qui se cache derrière une apparente bonté. » Et pourquoi un tel titre ? Parce que la politique est un aquarium, dans lequel les gros poissons mangent les petits.

Renaud aurait dit que la mer c'est dégueulasse, les poissons baisent dedans...