Le téléphone devient secrétaire de rédaction

Clément Solym - 05.09.2011

Edition - Société - spam - publier - ebook


La reconnaissance vocale s’améliore sans cesse. Les capacités de calcul de nos téléphones augmentent de mois en mois. Le commerce des livres numériques est en plein essor. Inévitablement, il devait arriver qu’un entrepreneur invente un logiciel qui permet de créer un livre avec un minimum d’efforts, en parlant à son téléphone.

 
L’invention est grandiose en ce qu’elle donne vraiment la parole à tous. Littéralement. N’importe qui peut avec un tel système raconter sa vie et la mettre en ligne pour ses petits-enfants, ou révéler ses talents de conteur au reste du monde. Tout est automatisé, même le choix de la couverture. Il y a seulement besoin de savoir parler.

 

Les buts sont louables. Comme le dit Richard Reece, le CEO d'Instebooks : « Tout le monde a tant d'histoires à raconter. Mais peu d'entre nous ont le temps d'enregistrer, publier et partager ces histoires… Beaucoup seraient intéressantes si nous avions ne fut-ce que le temps de les capturer et de les partager.» 
 

  


En contre-partie, ce système présente un danger immédiat : comme tout le monde peut publier n’importe quoi, vraiment n’importe quoi peut être publié. 

Comme sur Youtube, les meilleurs courts-métrages du moment peuvent cotôyer le diaporama de vacance mal monté avec un son nasillard et des photos floues qui intéresse réellement dix personnes sur cette terre. 

Bibliodiversité à foison...

C'est un des enjeux actuels des plates-formes d’auto-publication : comment trier le bon grain de l’ivraie ? (notre actualitté). Qui resurgit de manière flagrante quand il suffit d'un téléphone pour faire passer un plagiat pour une œuvre originale et gagner illicitement de l'argent ainisi.

Cette tâche de tri, que les éditeurs papiers connaissent par cœur, Amazon et Smashwords l'ont pris au sérieux, en renforçant leurs procédures de contrôle qualité (notre actualitté).

Google aussi s'est lancé dans la bataille (notre actualitté). Mais bien entendu la guerre contre le spam, de même que dans les mails, n'est pas à son terme. Un perpétuel recommencement.


(Via Goodreader )