Le testament de Harper Lee dévoilé : un héritage plus opaque encore

Nicolas Gary - 28.02.2018

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La romancière Harper Lee s’auréole de nouveaux mystères, alors que son testament vient d’être descellé par un tribunal d’Alabama. L’une des auteures favorites de l’Amérique n’en finit pas d’alimenter les énigmes...

 


Harper Lee au bras de GW Bush Jr. - domaine public
 


Décédée en février 2016, Harper Lee disparaissait dans son sommeil, peu après avoir fait paraître un second roman, sorte de suite au premier – considéré par beaucoup comme un vulgaire brouillon. Go and set a Watchman suivait le fil de To Kill A Mockingbird, sans véritablement convaincre, et ce en dépit de ventes importantes.

 

Mais voilà : deux ans après sa mort, le testament signé du 11 février 2016, huit jours avant son décès, pose de nombreuses questions. En effet, il demande que la majeure partie de ses biens, incluant les droits sur ses œuvres, soit transférée à une succession qu’elle avait créée en 2011.

 

Autrement dit, plus rien de ce que l’auteure a pu écrire ne sera dévoilé au public, attendu que la succession relève du droit privé. On ignore également en quoi ce testament peut différer du précédent rédigé, concernant la distribution de ses biens.

 

Parmi ses héritiers, une nièce et trois neveux – Harper Lee n’a jamais été mariée et n’a pas eu d’enfants. Ces derniers devraient percevoir une part de l’héritage, sans précision. À cette heure, on estime à plusieurs dizaines de millions de dollars l’ensemble de l’héritage – sans prendre en compte les papiers, documents et autres archives que convoitent légitimement les universités et chercheurs.

 

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Pour l’avocate Tonja B. Carter, qui suivait l’auteure depuis un long moment, la situation devient confortable. Exécutrice testamentaire et représentante légale, elle dispose désormais de droits étendus sur la succession. Cette dernière avait d’ailleurs porté devant la cour du comté de Monroe que l’on scelle définitivement le testament de Harper Lee, pour protéger sa vie privée. 

 

C’est sur l’intervention du New York Times que le testament a finalement été ouvert : les avocats du journal ont obtenu que le document soit rendu public, mais à leur grand étonnement, tout reste très opaque. De quoi alimenter, une fois de plus, la suspicion qui pèse sur l’avocat de Harper Lee – il lui fut reproché, à demi-mot, d’abuser de sa cliente. 

 

L’avocate a d’ailleurs refusé d’apporter le moindre commentaire au journal. Et le doute planera encore longtemps : Harper Lee avait fait l’objet d’une procédure pour définir si elle était véritablement en pleine possession de ses moyens, durant les dernières années de sa vie.

 

Et pour cause : si l’on évoque des sommes à 8 chiffres pour son patrimoine, la valeur de sa prose compte pour beaucoup : plus d’un million d’exemplaires de Mockingbird se vendent chaque année, avec des droits d’auteur de l’ordre de 3 millions $. Et le second roman s’est écoulé à plus de 1,6 million d’exemplaires – contre plus de 40 millions pour Mockingbird, sorti en 1960.

 

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Toute la controverse suscitée par la parution du second roman alimenta une saga juridico-littéraire que l’on mettra bien des années encore à démêler. Harper Lee était-elle vraiment en proie à des abus, après l’accident vasculaire cérébral survenu en 2007 ? Si pour certains, l’avocate Carter fut une protection indispensable pour la romancière, elle a largement su faire fructifier les biens et les adaptations – notamment la comédie musicale qui doit être donnée à Broadway cette année...

 

Elle défendait d’ailleurs jalousement tout ce qui touchait à l’univers de Lee : en 2013, elle avait intenté un procès à un musée local, qui vendait tee-shirts et bibelots, estampillés Mockingbird. Réglé l’année suivante, le litige n’en avait pas moins fait jaser – et le silence d’Harper Lee fait réfléchir...

 

 

 

via New York Times

 




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