Le texte sur le travail dominical adopté : scandaleux et risqué

Clément Solym - 24.07.2009

Edition - Société - travail - dominical - critiques


Après que le texte sur le travail dominical a définitivement été adopté par le Parlement (suite au vote positif du Sénat), les critiques vont encore de bon train, et les socialistes craignent une grave récession sociale.

C'est ainsi qu'hier, le Parti socialiste a regretté que « face à une crise économique et sociale historique, la droite n'ait comme seule réponse que la flexibilité accrue des conditions de travail », selon un communiqué du secrétaire national au Travail et à l'Emploi, Alain Vidalies, rapporté par l'AFP. Pour le PS, « le risque de généralisation du travail le dimanche est évident ».

« L'enfumage total du discours du gouvernement sur les zones touristiques se heurtera rapidement à la réalité : des dizaines de milliers de salariés seront obligés de travailler tous les dimanches sans augmentation de salaire et sans repos compensateur », a estimé le socialiste, ajoutant qu’« au cours du débat parlementaire, le gouvernement n'a même plus soutenu que cette loi apportait un surplus de croissance même minime. Chacun comprend que l'argent dépensé le dimanche n'est plus dans la poche du consommateur le lundi ».

De son côté, le maire de Paris, Bertrand Delanoë a déclaré, toujours selon l'AFP, qu'il trouvait « scandaleux » que les élus municipaux parisiens n'aient pas leur mot à dire concernant le travail du dimanche dans la capitale, et en appelle au Conseil constitutionnel pour « rupture d'égalité entre les communes ».

Le maire de Paris avait déjà dénoncé une « régression démocratique ». La proposition de loi prévoit effectivement que dans la capitale ce sera le préfet, non le maire, qui pourra décider de délivrer les dérogations. « Si cette loi est appliquée, le conseil municipal de Paris sera le seul, contrairement à Lille, Marseille, Lyon ou Bordeaux, qui ne serait pas consulté », a ajouté M. Delanoë.

Ce à quoi a répondu le député UMP Richard Mallié, auteur de la proposition de loi : « Delanoë ne sait pas de quoi il parle. Cela fait 35 ans que c'est ainsi ».