Le traducteur André Lévy, spécialiste de la littérature chinoise ancienne, est mort

Antoine Oury - 05.10.2017

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Le sinologue et traducteur français André Lévy, né le 24 novembre 1925 à Tianjin, en Chine, est mort le 3 octobre dernier à Bordeaux, rapporte le journal Le Monde. Spécialiste de la langue et de la civilisation chinoise ancienne, il avait consacré sa vie à leur étude et à la traduction, pour Gallimard, Flammarion ou encore Philippe Picquier.

 
Jin Ping Mei, Fleur en Fiole d'Or, éditions La Pléiade, 1985, Gallimard

 

Né en Chine en 1925 et issu d'une famille d'horlogers-joailliers, André Lévy suit une scolarité à l'école municipale de la concession française de Tientsin avant de partir pour la France au moment de la guerre sino-japonaise, en 1937. Il y termine sa scolarité avant d'obtenir son baccalauréat de philosophie-lettres. Il s'engage dans la Résistance et, au sortir de la guerre, s'inscrit à l'Institut national des langues et civilisations orientales.

 

Il en sort avec des diplômes en chinois et en hindi, et suit en parallèle des cours de sanskrit à La Sorbonne, où il passe sa licence de lettres. Avec son épouse, l'auteure Anne-Marie Lévy, il voyage en Inde et à Ceylan, avant de devenir attaché au CNRS. En 1958, il devient membre de l'École française d'Extrême-Orient et prend, pour une courte durée, la tête du centre français de l'EFEO à Hanoï, au Viet Nam.

 

Il part alors pour le Japon, à Kyoto, puis à Hong Kong, afin de poursuivre ses recherches en vue d'une thèse de doctorat d'État sur le conte en langue parlée du XVIIe siècle qu'il soutient en 1974. Entre-temps, il publie à l'EFEO Études sur le conte et le roman chinois, en 1971, et L'antre aux fantômes des collines de l'Ouest, un recueil de sept contes chinois anciens des XIIe-XIVe siècles, qu'il traduit et commente pour les éditions Gallimard, et prend la direction des études chinoises de l'université de Bordeaux. En 1995, il deviendra professeur émérite de l'université Bordeaux-III.

 

André Lévy préférait la traduction d'œuvres classiques aux textes contemporains : « [J]e suis réticent parce que je ne vis pas en Chine, donc j’ai perdu plus ou moins le contact et je le sens moins bien. Je préfère des œuvres classiques où je ne serais pas beaucoup plus avancé si je vivais en Chine », expliquait-il à la revue Translittérature.