Le travail dominical chez Fnac : accords, désaccords

Victor De Sepausy - 21.01.2016

Edition - Economie - travail dominical - Fnac salariés - organisations syndicales


La possibilité d’un accord entre les syndicats et la Fnac semble s’éloigner : le travail le dimanche n’est pas encore au menu pour les salariés. À ce jour, trois organisations, CGT, FO et SUD, ont préféré rejeter la solution proposée, alors que CFDT, CFTC, CFE-CGC l’avaient acceptée. L’affaire était séduisante, mais pas suffisamment pour que les organisations syndicales soient unanimes.

 

Alexandre Bompard - Prix BD Fnac 2016

Alexandre Bompard, PDG de Fnac - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 


Dans la dernière offre exposée, Fnac avait des arguments solides : doubler les salaires, voire les tripler, pour certains cas (très précis), partir du volontariat pour la présence dans les établissements... Bref, quelque chose de soigné. Mais la CGT, opposé à cette notion de travail dominical depuis le début des négociations, a opposé un veto net, suivie par les deux autres syndicats. 

 

Pourtant, l’enseigne n’a pas manqué de souligner... l’accord des uns plutôt que l’opposition des autres. Dans un communiqué, le groupe pointe que la validation des trois OS « va permettre de débuter la procédure d’information-consultation auprès des instances représentatives du groupe […] À l’issue de cette période, qui ne peut excéder trois mois, l’accord sur le travail du dimanche et en soirée pourra être signé et notifié ». Dont acte ? 

 

Presque : d’ici trois mois et quelques jours, le groupe Fnac devra convaincre définitivement les OS réticentes, ou s’asseoir sur l’idée d’un accord. D’autant plus que le groupe ne cache malgré tout pas que rien n’est gravé dans le marbre. 

 

Pour les trois OS farouchement contre ce projet, travailler le dimanche reviendrait à une régression sociale, et la CGT enfonce le clou, en évoquant des « inégalités salariales entre ceux qui travailleront le dimanche et les autres ». 

 

Pourtant, indiquait le responsable CFTC à l’AFP, Bruno Marc, « [c]eux qui veulent travailler le dimanche auront un accord bien bordé et ceux qui ne voudront pas ou voudront en faire un de temps en temps, rien ne les obligera à en faire plus ». 

 

Mais CGT, FO et SUD disposent d’une majorité qui leur permet de faire capoter l’ensemble des négociations. « Nous considérons que chaque salarié a le droit de vivre dignement sans avoir à vendre une partie de son droit au repos pour chercher à obtenir l’argent qui lui manque », indiquent-ils dans un communiqué cité par Reuters. 

 

D’autant, pointent-ils, que les embauches qu’envisage le groupe ne sont pas suffisantes pour pallier les problèmes qui se poseront. Une hausse de 2,6 % prévue pour les effectifs, pas de quoi rassurer, estiment-ils. 

 

Pour l’heure, Fnac est en train d’informer le personnel des conditions de l’accord. Les trois syndicats pourront toujours intervenir en exerçant leur droit d’opposition, huit jours après la signature et la notification. Chose qui a bien des chances d’arriver : si la CGT n’a jamais caché son refus, les deux autres organisations semblent avoir durci leurs positions.

 

Dans leur communiqué commun, on pouvait également lire que « bons résultats financiers (...) sont construits principalement sur des plans d’économie dont la masse salariale est la principale variable d’ajustement ».

 

Selon eux, l’offre dominicale chercherait « à travers la paupérisation des salariés restants un volontariat contraint de travailler sur des horaires atypiques donnant lieu à des contreparties financières ».

 

Fnac n'a pas aporté de commentaires.