Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Le Trône de fer changé en franchise Star Wars ou James Bond : JAMAIS

Nicolas Gary - 11.11.2013

Edition - International - George RR Martin - Game of Trhones - Le trône de fer


Avec Suzanne Collins, quoique dans un tout autre genre, George RR Martins est la super star de l'édition, avec sa série Games of Thrones. Adaptée à la télévision cette dernière est l'une des petites perles en matière de vente de livres. Mais attention : post-mortem, plus personne ne touchera à cette oeuvre. 

 

 

 George R. R. Martin

Gage Skidmore, CC BY SA 2.0

 

 

Personne ne reprendra son univers, assure-t-il. « Pas tant que je serai vivant. Mais je ne serai peut-être pas toujours vivant, parce ‘Valar Morghulis' - Tout homme doit tôt ou tard mourir [NdR : citation de son propre ouvrage, phrase en langue imaginaire, le haut valyrien, devise des Sans-Visage]. »

 

Et puis Martin ne semble pas envisager que si sa femme lui survit, elle acceptera que l'on puisse céder les droits d'une poursuite de l'oeuvre. « Mais une chose que l'histoire nous a montrée, c'est en somme que ces droits littéraires passent aux petits-enfants, ou aux descendants collatéraux, ou des gens qui ne connaissent pas réellement l'auteur et ne se soucient pas de ses envies. C'est juste comme une vache à lait pour eux. » 

 

Cruel, et désabusé, mais ô combien réaliste ! Ces ayants droit s'emparent des oeuvres, et finalement, permettent toutes les dérives. « C'est ainsi que nous obtenons des choses qui, pour moi, sont des abominations, comme Scarlett, la suite de The Gone with the Wind. » Autant en emporterait donc les héritiers par avance maudits, s'ils laissent à des auteurs tiers le soin de poursuivre l'oeuvre de Martin. 

 

Et quand on évoque les franchises de James Bond, basé sur les livres de Ian Fleming, ou Jason Bourne, création de Robert Ludlum, ou encore, Star Wars, largement exploité par George Lucas, Martin s'énerve : « Je détesterais voir cela arriver. »

 

Et d'ajouter : « J'ai toujours admiré Tolkien, et son immense influence sur l'imaginaire. Bien que je n'ai jamais rencontré cet homme, j'admire Christopher Tolkien, son fils, qui a été le gardien de l'héritage de Tolkien et n'a jamais permis rien de tel. » Martin imagine volontiers des éditeurs qui attendent dans les coulisses, avec de gros sacs de billets pour tenter de faire fléchir l'héritier Tolkien, et réclament Sauron Strikes Back. (via SMH)

  

« J'espère que je ne verrai jamais écrit Sauron Strickes Back par l'un de ces écrivains de troisième zone, qui saute illico sur l'occasion. » En Belgique, un autre auteur s'est montré absolument catégorique sur le devenir de ses oeuvres, c'est Hergé, avec Tintin, qu'il est absolument interdit de poursuivre, sous peine d'encourir les foudres de Nick Rodwell, l'ayant droit.

 

 

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