Le tweet de trop, pour Philippe Sollers, viré du JDD

Clément Solym - 24.06.2012

Edition - Société - Philippe Sollers - JDD - licenciement


Il aura officié durant plusieurs années au service du JDD, mais un seul (ou un dernier ?) dérapage, pourtant bien contrôlé, aura suffi pour que Philippe Sollers soit évacué avec sa chronique du journal. Son Petit journal du mois, publié ce 24 juin aura fait mouche, et malgré l'humour, provoqué sa perte, avec des manières pas très honorable...

 

C'est pour une histoire de tweet que Sollers est remercié. Dans sa chronique, il évoque l'affaire Trierweiler, avec intelligence. 

En revanche, quand deux femmes s'affrontent pour la possession du même homme, ce dernier marche sans cesse sur des charbons ardents, le souci permanent et la dissimulation épuisante l'habitent. Chacune ne pense qu'à l'autre. Qui est la vraie? Laquelle a le pouvoir? La mère des enfants? La nouvelle compagne avec ses propres enfants? Une concurrente plus jeune en attente d'enfant? Mettez la politique dans le coup, et vous obtenez l'affaire sensationnelle du tweet.

 

De quoi s'agit-il ? Oh, très banalement de ce tweet parti du smartphone de la première dame, à direction du candidat dissident, opposé à Ségolène Royal, dans la course aux législatives. C'est la course à celle qui marquera son territoire le plus loin...

 

 

 

Ce qui trouble dans ce départ précipité, comme le notent nos confrères du Point, ce sont les jeux de chassés-croisés entre Valérie Treierweiler, journaliste chez Paris Match, filiale de Lagardère, le groupe qui possède également Le Journal du dimanche. Denis Olivennes, qui dirige le pôle média de Lagardère sanctionne ainsi l'écrivain. « Mais j'ai été prévenu par téléphone après avoir envoyé mon papier », explique l'écrivain, joliment poignardé. La messe était donc dite.

 

Ne plaisantons pas, c'est du sérieux !

 

C'est que, Sollers, il faut le noter, ne ratait pas son exercice d'écorchage : « Ne plaisantons pas, c'est du sérieux, de la souffrance pure, un coup de poignard administré par la première lame de France. Les élections, la crise, l'euro, les massacres de Syrie, les impôts à venir, la progression lente et sûre du Front national, tout cela n'est rien par rapport au tweet. »

 

Et de conclure sur ce qui sera passé longtemps pour un plan marketing visant à sauver la carrière du président Sarkozy : « Une seule solution pour sortir de ce cauchemar : une nouvelle prétendante au rôle de première dame de France, un mariage à tout casser, et, vite, un bébé. Espérons que cette nouvelle aventurière courageuse nous préviendra par un tweet. »

 

Oh, il se murumure pourtant bien que Jérôme Bellay, directeur du JDD avait pris Sollers un brin dans le colimateur. En poste depuis le 26 juillet 2011, l'intéressé aurait tout simplement profité de l'occasion de cette fin de saison pour expédier le Sollers.


A l'époque de sa nomination, Denis Olivennes otait : « Jérôme Bellay appartient à l'espèce rare des grands patrons de presse. Bruno Lesouëf et moi-même nous réjouissons qu'il ait accepté de mettre sa longue expérience, sa très grande crédibilité professionnelle dans le domaine de l'information, son sens reconnu  du public, au service du  Journal du Dimanche. Il va faire franchir à ce dernier  une nouvelle étape de son développement. » Ardu à avaler, alors que le billet du romancier est envoyé le mardi, et que le mercredi, sonne le téléphone licencieur.  

 

Licencié avec un coup de fil, c'est la classe, immanquablement.

 

Avant, oui, plus maintenant...

 

Inutile de tenter de savoir si cette chronique méritait la porte, personne au JDD n'a fait de commentaires pour le moment et tout se discutera. Peut-être faudra-t-il simplement se contenter de la réaction, sur Twitter, de Gilles Jacob, critique, essayiste et réalisateur, comptant parmi les grandes personnes du cinéma en France : 

 

 

Car manifestement, c'était mieux avant. Ou du moins plus humain. Après 13 années de fidèles services, on est loin de l'éclaircie... La chronique de Sollers est en tout cas toujours en ligne. Elle pourra de toute manière se retrouver sur le site officiel de l'auteur.

 

Mettons donc en garde un Bernard Pivot, qui est entré sur Twitter très discrètement, mais s'y implique, ou encore Anne Roumanoff, humoriste, Laure Manaudou ou Sébastien Chabal, qui sont les invités du JDD, pour des chroniques occasionnelles. Plus de tweet. 




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