Le Vatican, un État ? Une fumeuse mascarade plutôt...

Clément Solym - 15.09.2010

Edition - Société - pratchett - pullman - visite


La visite du Pape, prévue en Angleterre, ne fait pas que des heureux. Et pour une fois, il ne s'agit pas tant d'un conflit entre protestant et catholique que d'une histoire de vraie foi...

Il doit arriver jeudi - Allez Luia ! - et rester durant quatre jours dans le pays, mais sa présence outre-Manche dérange, non en tant que telle, mais surtout parce que plusieurs personnalités s'indignent de ce que l'honneur de la visite papale les agace.

Ainsi, des Terry Pratchett, des Philip Pullman ou encore le comédien Stephen Fry, qui sort un bouquin avec version ebook augmentée, sont parmi les contempteurs de cette rencontre. Ils critiquent avec virulence les positions du pape sur la contraception, les droits des homosexuels et l'avortement. Que du grand classique, en fait. Il manque juste la capote pour couronner le tout. Ah, au temps pour nous, la capote fait aussi partie des récriminations des signataires. Ainsi que la ségrégation dans l'éducation de tous.

Les quelque 50 signataires d'une lettre ouverte publiée dans le Guardian ne sont cependant pas opposés à une visite de courtoisie - entre voisins, cela se fait. Mais ils « rejettent la mascarade » que peut être la désignation du Vatican comme un État à part entière. Et considérer le pape comme un chef d'État est pour eux « une simple fiction commode pour amplifier le rayonnement international du Vatican ». Or, on sait combien Pullman ou Pratchett ont eu maille à partir avec l'Église, qui n'a jamais manqué de les taxer d'hérétiques...

Ce déplacement est pourtant une première pour Benoît XVI outre-Manche. Le coût de sa visite est accessoirement estimé à 20 millions £, soit un peu plus de 24 millions €. Mais l'impact sur le public est inquantifiable.

Parmi les signataires, on trouvera aussi M. Dawkins, auteur d'un fameux manuel Pour en finir avec Dieu.