Andrus Ansip dénonce les 'intérêts personnels' qui s'opposent à la réforme du droit d'auteur

Antoine Oury - 02.06.2015

Edition - Société - Andrus Ansip - vice-président commission - réforme droit d'auteur


Voilà qui ne va pas arranger les relations entre la Commission européenne et les industries de la culture, particulièrement hostiles à une réforme européenne du droit d'auteur. Alors qu'il intervenait à l'European Digital Forum de Bruxelles, ce 1er juin, le vice-président de la Commission européenne Andrus Ansip, chargé du marché numérique unique, a dénoncé les « intérêts personnels » qui s'opposent à la réforme du droit d'auteur.

 

Prime Minister of Estonia Andrus Ansip

Andrus Ansip, en 2011 (Foreign and Commonwealth Office, CC BY 2.0)

 

 

Ansip venait défendre le projet européen de marché numérique unique, en expliquant que les lois européennes sur le copyright étaient un véritable « bazar » : « Nous devons agir rapidement », a-t-il souligné, puisque les Européens « sont attirés par les téléchargements illégaux » lorsqu'ils ne peuvent pas accéder aux contenus légalement. 

 

Pour parvenir à une réforme acceptable, Ansip a souligné, dans le sens des industries culturelles, qu'il était nécessaire d'obtenir « un équilibre entre l'ouverture des opportunités pour les usagers des contenus et la protection des droits des créateurs, qui doivent bénéficier de revenus suffisants à leur existence ». Il a assuré que la législation actuelle, qui remonte à la directive de 2001 sur le droit d'auteur, n'était pas adaptée à une époque où le numérique est incontournable pour la culture.

 

Pour qualifier les obstacles à cette réforme, Andrus Ansip n'a pas hésité à dénoncer « les intérêts personnels qui vont nous combattre jusqu'au bout, essayer de conserver un statu quo, qui ne profite qu'à quelques-uns, qui freinent l'innovation, et empêchent une rupture saine [du système actuel, NdR] ».

 

Pas très sympa pour les industries culturelles, mais la déclaration est de bonne guerre : chez les opposants à la réforme, Ansip est régulièrement moqué pour ses déclarations qui justifiaient la réforme du droit d'auteur parce qu'il ne pouvait pas suivre les matchs de football des championnats européens depuis son pays, l'Estonie. Il est d'ailleurs reparti sur ce terrain lors de l'European Digital Forum : « 1 Européen sur 5, depuis chez lui, assure qu'il souhaiterait accéder à des contenus d'autres pays de l'Union : films, ebooks, livres audio, programmes récents. Trop souvent, c'est impossible. »

 

(via The Bookseller)