Le visa de l'écrivain comorien Ali Zamir finalement délivré : “Un soulagement”

Nicolas Gary - 17.08.2016

Edition - Les maisons - Ali Zamir visa - anguille roche roman - rentrée littéraire préfecture


La situation n’aura finalement même pas eu le temps de traîner : en l’espace de 24 heures, l’écrivain comorien Ali Zamir, qui s’était vu refuser une demande de visa, a fini par obtenir les autorisations nécessaires. La direction générale des étrangers en France a confirmé l’information à l’AFP. 

 

 

 

« Que ce soit l’agacement manifesté par les journalistes qui avaient lu le livre ou qui trouvaient cette situation inacceptable, nous avons fini par obtenir gain de cause. C'est un soulagment, effectivement », nous explique l’éditeur Frédéric Martin, joint par téléphone.  

 

La préfecture n’avait, apprend-on, pas refusé le dossier – ce dernier était en réalité toujours en cours de traitement. C’est un avis défavorable qui avait été rendu, avant que, finalement, la situation ne soit définitivement réglée : le visa est accordé.

 

Selon les documents officiels, communiqués par Le Tripode, éditeur d’Ali Zamir, il semblait pourtant que le refus ne faisait aucun doute. 

 

« Les médias vont s’emparer de cette histoire, et il ne sera plus possible aux responsables de rester sur cette position. Sinon, cela soulève de vraies questions dans notre rapport à la francophonie », précisait la veille de cette décision Frédéric Martin, sollicité par ActuaLitté. 

 

 

 

Une pétition avait d’ailleurs accompagné un communiqué très officiel, adressé aux différentes rédactions. En l’espace de 24 heures, 1617 signatures furent recueillies.

 

À propos de son livre, Anguille sous roche

 

Quelque part dans l’océan Indien, une jeune femme se noie. Ses forces l’abandonnent mais sa pensée, tel un animal sur le point de mourir, se cambre : dans un ultime sursaut de vie et de révolte, la naufragée nous entraîne dans le récit de sa vie... Roman aussi étourdissant qu'envoûtant, qui n'est pas sans rappeler L'Art de la joie de Goliarda Sapienza par la beauté de son héroïne et la force de sa langue, Anguille sous roche est un miracle littéraire.

 

« On entre dans Anguille sous roche comme en eaux troubles. Je l’ai lu debout, gîtant comme un mât dans la houle, ballotté par le flux verbal de la mélopée obsédante et hypnotique d’Anguille, l’héroïne narratrice. Je me suis laissé emporter dans les flots de sa prose organique et vivante, une seule longue phrase rythmée par la nécessité et l’urgence, proche de la tradition orale. Et j’ai glissé sur les lames de sa pensée, avec ses errements, ses certitudes et ses cris de colère. […] Dans cette histoire de jeune fille pas sage, de passage, de traversée et de passeur, la voix ultramarine d’Anguille sous roche ouvre un sillon qui n’est pas près de se refermer. » (Laurent Boscq)