Le voleur de Shakespeare prend huit années de prison

Clément Solym - 02.08.2010

Edition - Justice - shakespeare - voler - vandalisme


Condamné début juillet, Raymond Scott n'avait pour le moment pas encore eu vent de la peine qu'il allait endurer. Alors qu'il s'était retrouvé avec, dans les mains, une édition rare de Shakespeare, datant de 1623, le bonhomme s'est fait arrêter après l'avoir fait évaluer par la bibliothèque de Washington. Qui aussitôt donne l'alerte...

« Un livre qui vaut des millions. Je vais me rendre dans un tel endroit avec un tel livre et voir le responsable de la bibliothèque ? .. C’est comme aller au Louvre avec la Joconde sous le bras dix ans après son vol », avait-il expliqué, durant son audition.

Sauf que la justice ne l'a pas entendu de cette oreille, probablement émue par le témoignage d'un bibliothécaire de l'établissement. « J'ai eu un sentiment de tristesse en pensant que nous négocions un bien volé. Je n'avais jamais vu quelqu'un rentrer dans une bibliothèque et me tendre un original, encore moins une première édition. »

Le verdict !

Et c'est aujourd'hui que l'on vient de prendre connaissance du jugement rendu par le maître de cérémonie, Richard Lowden. Considérant la rareté de l'ouvrage - dont il ne fut publié que 250 copies, sept ans après la mort du dramaturge - il a reconnu Raymond coupable « de vandalisme culturel » contre un trésor « typiquement anglais ». En effet, le bouquin avait été légèrement abîmé par l'accusé.

Le livre, Raymond l'avait découvert à Cuba, avait-il avoué, niant de toutes ses forces l'accusation de recel. Ce livre « serait considéré par beaucoup comme un bien inestimable, mais pour vous, il avait définitivement un gros prix et vous en êtes arrivé à de sombres extrémités pour ce montant », a implacablement soutenu le juge. « Votre motivation fut le gain financier. »

Bim, dans les dents. Et d'accompagner son verdict d'une sentence de huit années de prison.

Entre-temps, Raymond avait reconnu le vol de deux tableaux d'une valeur de 1000 £, et écopé de six mois de réclusion pour l'un et l'autre.