“Lecteur vorace“, David Bowie s'engageait pour la promotion du livre

Clément Solym - 11.01.2016

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En 1987, l’American Library Association, poursuivait sa campagne nationale dédiée au livre et la lecture, et débutée deux ans plus tôt. David Bowie fut la huitième personnalité à accepter de poser pour cette opération. Et conformément à l’artiste qu’il était, c’est avec un ouvrage inattendu qu’on le retrouve, suspendu dans les airs...

 

 

 

C’est L’Idiot, de Dostoïevski, qui accompagne David Bowie sur l’affiche. Déguisé comme un adolescent américain aurait pu s’habiller à l’époque, Bowie a en réalité 40 ans au moment du cliché. 

 

En 1987, Diahann Carool et Paul Newman prirent également part à l’opération. Pour l’anecdote, c’est Sting qui avait inauguré cette campagne en 1985, avec le livre de Mary Shelley, Frankenstein

 

Ce n’est évidemment pas tout : on peut citer l’adaptation de Space Oddity, réalisée par le Canadien Andrew Kolb, sous la forme d’un livre pour enfant, en format numérique. 

 

 

 

Et en marge de la grande exposition qui lui était consacrée, David Bowie Is, le musicien avait présenté une liste de cent livres à lire au cours de sa vie. Boulgakov, Don DeLillo, Truman Capote, Anthony Burgess ou encore George Orwell, le choix était large. Ajoutons-y Homère, Nabokov, juste pour la forme...

 

Le commissaire de l’exposition, Geoffroy Marsh, l’avait d’ailleurs décrit comme « un lecteur vorace », capable de lire « un livre par jour ». Et bien que ses relations avec les États-Unis aient toujours été complexes, on découvre qu’il avait un véritable amour pour les écrivains américains. 

 

Ce n’est donc probablement pas un hasard si David Bowie a produit non pas un ou deux titres, mais carrément tout un album, Diamond Dogs (1974), que l’artiste a voulu inspiré du 1984 d’Orwell. La liste des pistes du dernier album glam-rock de l’artiste britannique, d’après David Buckley, parle d’elle-même : 1984 (9), ou Big Brother (10) sont limpides, mais We Are the Dead (8) l’est tout autant pour peu que l’on s’attarde sur quelques lignes de ses paroles :

 

It's a twenty-four hour service, guaranteed to make you tell
C’est un service 24/24h, assuré de vous faire parler

 

Quant aux « Morts » évoqués par le morceau, il s’agirait bien entendu de Julia et Winston, les deux amants à contre-courant. Pour la petite histoire, Bowie souhaitait sortir une véritable bande originale pour la dystopie, mais la veuve d’Orwell a refusé de céder les droits du livre de son mari au chanteur...