Lecteurs-correcteurs : l'éditeur Wolters Kluwer condamné aux prud'hommes

Antoine Oury - 09.01.2019

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Une juge départitrice du conseil de prud'hommes de Paris a condamné le groupe Wolters Kluwer face à deux lecteurs-correcteurs qui estimaient la réduction de leur activité injustifiée. Lecteurs-correcteurs de revues juridiques, ils assuraient que la baisse d'activité était imposée par l'employeur, alors qu'un lien contractuel était maintenu.




Avec, respectivement, 19 et 16 ans d'ancienneté, les deux salariés, travailleurs à domicile, du groupe Wolters Kluwer avaient décidé de porter l'affaire aux prud'hommes : ils demandaient un rappel de salaire et des réparations « pour d'autres atteintes au droit du travail dont nous avons été victimes ». La résiliation judiciaire du contrat, qui équivaut à un licenciement aux torts de l'employeur, faisait aussi partie des demandes.

Le vendredi 4 janvier, après une absence de décision du Conseil des prud'hommes, le dossier a été examiné par une juge départitrice qui a déclaré l'éditeur coupable, rapporte le SGLCE-CGT, lequel accompagnait les deux plaignants dans leur action en justice.

Des rappels de salaires seront versés aux lecteurs-correcteurs, en guise de dédommagements pour la baisse du volume de travail sans l'accord des employés. « Sans demander l'avis de mes clients, on baissait le niveau d'activité tout en maintenant un lien contractuel : on les maintenait à disposition de manière permanente, sans qu'ils ne puissent pour autant subvenir à leurs besoins », commente Me Rachel Spire, qui assurait la défense des lecteurs-correcteurs.

D'autres éléments avaient été mis en avant par les plaignants, portant notamment sur la reconnaissance du statut de lecteur-correcteur, des avantages et des conditions de travail spécifiques au régime.

La juge a également prononcé la rupture des contrats de travail « et a estimé que les manquements étaient suffisamment graves pour le faire aux torts de l'employeur ». Une indemnisation au titre du préjudice futur doit également être versée.

Contacté, le groupe Wolters Kluwer, qui peut encore faire appel, n'a pas souhaité commenter la décision.
Ce jugement survient quelques semaines après la signature d'un accord relatif au statut des travailleurs à domicile de l'édition, dont le noyau porte justement sur le volume d'activité des travailleurs à domicile et en particulier des lecteurs-correcteurs. Cet accord met en place un système proposant une marge d'ajustement laissée à l'éditeur, mais aussi des indemnisations en cas de baisse d'activité trop importante. Seul le SGLCE-CGT a décidé de ne pas signer cet accord.


Commentaires
Totalement solidaire avec le combat de ces lecteurs-correcteurs !

La correction est un de ces métiers spécialisés les plus martyrisés, les plus rendus «invisibles» avec les carcans économiques et le rouleau compresseur de la technologie- pour employer un terme mis à la mode à très juste titre...

Bon courage !

CHRISTIAN NAUWELAERS
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