Lecture en prison : le CNL et les DRAC en première ligne

Antoine Oury - 22.05.2014

Edition - Bibliothèques - prison - lecture - bibliothèques


L'année des bibliothèques, déclarée comme telle par la ministre de la Culture et de la Communication, profitera à tous les publics. Et particulièrement à ceux pour qui l'accès à la lecture et à l'information relève du sacerdoce. Ainsi, publics handicapés et détenus des centres pénitentiaires seront au centre de l'attention, d'autant plus que le taux d'alphabétisme de ces catégories ne sont pas des plus élevés.

 


Cellule suroccupée d'une maison d'arrêt, photo extraite du rapport d'activités 2013 du Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté

 

 

La ministre de la Culture avait profité du Salon du Livre, et de la conférence organisée par le CNL, pour aborder le sujet de l'accessibilité au livre, et notamment en prison. Le sujet avait fait l'objet d'une journée d'étude de l'Association des Bibliothécaires de France, aboutissant à la conclusion qu'il était difficile, pour les personnels des établissements, de remplir leur mission.

 

Au Salon, la ministre avait expliqué le CNL allait réorienter une enveloppe d'un million € vers les personnes empêchées de lire, qu'elles soient handicapées, ou en prison. L'État n'imposera rien aux collectivités, précisait-elle alors, qui travailleront avec le CNL. « Les budgets du CNL pour la constitution des fonds des bibliothèques seront réorientés vers des publics empêchés de lire, handicapés ou en milieu pénitentiaire », précisent les services du ministère.

 

Ainsi, le CNL travaillera plutôt avec les DRAC (Directions régionales des affaires culturelles) et les associations locales d'aide aux détenus, à l'instar de « Lire, c'est vivre », à Fleury-Mérogis. 

 

Par ailleurs, le rapport du Contrôleur général des prisons, publié en avril dernier, signalait que les possibilités pour lire en prison étaient extrêmement limitées, en raison de l'architecture même de certains établissements. Sur ce point, c'est plutôt le ministère de la Justice qui interviendra, parallèlement au ministère de la Culture qui se concentrera plutôt sur les fonds des établissements, même si les deux ministères travailleront de concert sur certains points.