Lecture : les Chinois rêvent maintenant la littérature sur Internet

Clément Solym - 18.02.2009

Edition - Société - Chine - rever - littérature


Il travaillait dans une compagnie de vente de voitures en 2001, quand il a commencé à rédiger son premier livre en ligne, et l'exemple de Murong Xuecum est considéré par les analystes comme révélateur. Le net serait en effet devenu un outil pour le développement de la littérature, estiment-ils.

Écrire, publier et lire en ligne

Chaque semaine, Murong publiait de nouveaux éléments de son ouvrage, et la popularité de son texte évolutif n'a pas manqué d'attirer l'attention des internautes. Aujourd'hui, âgé de 35 ans, il est l'un des plus célèbres auteurs contemporains de Chine, et son texte a été consulté par des millions de Chinois. Traduit en français, allemand et anglais, adapté pour le cinéma et la télévision, il a véritablement explosé.

Mais il incarne aussi un pionnier dans cette aventure de la renaissance de la littérature à travers Internet dans le pays. Au cours des dix dernières années, une multitude de sites web créés par des aspirants auteurs ont vu le jour. Des millions d'utilisateurs consultent les sites et l'écriture, comme la lecture se développe désormais à travers le cyberespace. Une tendance inévitable, puisque le net lui-même prend une place considérable dans la vie.

Des millions de lecteurs en ligne

Ainsi, l'éditeur Shanda exploite désormais trois des plus importants portails littéraires du pays, avec 200 millions de pages affichées chaque mois, explique l'entreprise. La publicité génère les revenus et l'on négocie désormais des octrois de licences pour le cinéma afin de développer plus encore ce commerce. Avec plus de 200.000 ouvrages sous contrat et nombre de licences vendues, on a même bon espoir de voir la situation prospérer.

Point de départ de tous les moyens de divertissement, la littérature peut en effet être par la suite déclinée pour les jeux vidéo, le cinéma et ainsi de suite. Et l'absence d'histoires intéressantes et divertissantes serait à la base d'un sous-développement de ce secteur dans le pays. Les auteurs, et plus souvent d'ailleurs, les auteures, misent eux/elles-mêmes beaucoup sur cette industrie nouvelle. Et après le rêve américain, on assiste dans le pays au rêve en ligne...

D'autant qu'il devient bien plus simple pour un éditeur de prendre le risque de la publication en ligne que pour un livre papier, dont les coûts sont très différents et les implications variables. De même, les auteurs jusqu'à présent auto-publiés peuvent s'inscrire dans ce cadre, bien plus large et accueillant. Reste à faire évoluer la liberté d'expression dans en Chine, ce que le gouvernement pourrait faire, d'ici à 2010, en abandonnant son contrôle omnipotent sur le monde de l'édition...