Lecture pour s'endormir : une pratique qui se perd chez les parents

Cécile Mazin - 15.09.2013

Edition - International - lecture de chevet - lire pour s'endormir - relation entre les parents et l'enfant


Les enfants lisent peut-être plus numériquement, bien que les études soient contradictoires sur le sujet. Du moins, le taux d'adoption des manuels scolaires numériques n'est pas vraiment à la hauteur de ce que l'on pouvait souhaiter. En parallèle, la question de la lecture de chevet intéresse beaucoup les chercheurs, et les études se multiplient sur la question. Toujours avec le même constat : les parents manquent de temps...

 

 

naptime friend & dreamworld companion

purplbutrfly, CC BY 2.0

 

 

Une étude réalisée hier par un vendeur de vêtements et de meubles pour l'intérieur montrait que si 64 % des mamans britanniques faisaient la lecture à leurs enfants dans la semaine, elles étaient 91 % à avoir profité de ces moments avec leurs propres parents. En cause, le stress et le manque de temps. 

 

Une autre étude sur le même thème, présentée par l'organisation Reading Is Fundamental, et menée par Harris Interactive présente le tableau de la lecture de chevet, mais cette fois aux États-Unis. Seul un tiers des parents avec des enfants de huit ans et moins ont pris l'habitude de faire la lecture à leur enfant tous les soirs. 

 

Carol H Rasco, président de l'organisation insiste pourtant : « Les lectures du coucher jettent les bases de l'accomplissement futur. » Et comme le montrent de nombreuses autres recherches sur ce thème, faire la lecture aux enfants aide à stimuler le développement cérébral, stimule le développement du langage et l'enrichissement du vocabulaire, et allonge la période d'attention que l'enfant accorde.

 

Mais en concurrence avec les livres, papier ou numérique, on retrouve les jeux vidéo, Internet et la télévision. Autant d'activités qui diminuent le temps que parents et enfants passent ensemble. 

 

Ainsi, 87 % des parents lisent des histoires à leurs enfants pour qu'ils s'endorment, mais seuls 33 % le font tous les soirs. En moyenne, ils le font tout de même 5 soirs par semaine, pour une durée de 10 à 19 minutes (plus de 50 %) contre plus de 20 minutes (un quart). Chose intéressante : le temps de lecture a tendance à augmenter avec l'âge de l'enfant - qui s'endort peut-être simplement moins vite à mesure qu'il grandit. 

 

Dans les foyers aux revenus inférieurs à 35 k$ annuels, les enfants sont plus susceptibles de regarder la télévision, à 40 %, que de lire des livres, à 35 %.  Et sans surprise, plus de la moitié des parents considère qu'ils n'ont « pas assez de temps dans leur journée » pour passer du temps à faire la lecture à leurs enfants. Et ce, bien que les deux tiers soient convaincus que c'est un moyen essentiel pour leur développement. 

 

Concernant le format, 76 % des parents préfèrent les livres imprimés au numérique, contre 20 %, parmi ceux qui lisent des livres numériques et imprimés. Enfin, 17 % des parents combinent les deux formats pour la lecture. 

 

On peut consulter l'intégralité de l'étude à cette adresse, ou se reporter à l'infographie ci-dessous qui en présente les principaux résultats.