Leonard Riggio, fondateur de Barnes & Noble, prendra sa retraite en septembre

Orianne Vialo - 28.04.2016

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Le fondateur et président exécutif de Barnes & Noble (B&N), Leonard Riggio, connu pour son ambition démesurée pour le commerce de livres, a annoncé le 27 avril dernier qu’il allait prendre sa retraite en septembre, après 45 ans passés à la tête de son entreprise. « Je souhaitais me retirer à 40 ans, mais entraîné dans mon élan pour agrandir la société, j’ai continué. Aujourd’hui, j’en ai 75 », déclarait-il au New York Times mardi dernier.

 

(Ed! / CC BY 3.0)

 

 

« Je n’avais pas prévu d’être un homme d’affaires aussi longtemps. J’ai accompli tout ce qui me tenait à cœur. Désormais, il est temps pour moi d’entamer d’autres activités liées à mes intérêts philanthropiques et sociaux », a-t-il poursuivi.

 

Leonard Riggio a acheté Barnes & Noble en 1971. À l’époque, il s’agissait d’une seule boutique de Manhattan qui peinait à se faire sa place sur le marché. Au fil du temps, grâce à l’ardeur du patron, la petite librairie de quartier a gagné en influence, jusqu’à devenir la plus grande chaîne de librairies du pays. 

 

L’homme peut se féliciter d’avoir transformé les librairies en une destination où les gens pouvaient se rencontrer et s’attarder. Équipées de chaises confortables, de cafés et de toilettes disposant de tables à langer, les boutiques de B&N sont aujourd’hui prises d’assaut par les personnes qui souhaitent aussi bien flâner qu’acheter des livres. 

 

Leonard Riggio a en effet dirigé l’entreprise dans les années 1980-1990, alors que la société se faisait connaître à échelle nationale et qu’il ouvrait ses premières boutiques dans les grandes surfaces. Au cours des dernières années, il a également été un chef de file stable de la société, malgré les nombreuses turbulences qui ont menacé la pérennité de l’entreprise. 

 

Petite librairie devenue grande

 

En effet, la situation économique de la chaîne de librairies Barnes & Noble n’était pas au beau fixe, dès 2013-2014 : le cours de l’action en bourse de la chaîne ne cessait de connaître des fluctuations, et plutôt à la baisse. Le groupe connaît de grosses difficultés financières causées par de lourds investissements dans le ereader Nook, et par un échec cuisant du positionnement de la librairie sur le marché du livre numérique.

 

Après avoir fait fermer 80 des points de vente de B&N au cours des six dernières années, le fondateur de la société, président du conseil d'administration de Barnes & Noble, et actionnaire majoritaire (il possède 17,5 % du capital de la société) a réussi à remonter la pente, lentement mais sûrement. Toutefois, les tentatives répétées de la chaîne pour se faire une place sur le marché du livre numérique se sont soldées par un échec.

 

Le 11 septembre dernier, Leonard Riggio a en effet acquéri un million d’actions de la société. Cela lui a permis de mettre à nouveau la main sur 8,594 millions de parts de Barnes & Noble — qui comptait à l’époque près de 76 millions d’actions en circulation — estimées à 108 millions $.

 

Dernièrement, Leonard Riggio se disait confiant quant à l’avenir de la chaîne de librairies, et faisait savoir qu’il comptait bien « rester un actionnaire de Barnes & Noble pour les années à venir [il gardera ainsi un siège au conseil d’administration de l’entreprise]. J’ai une totale confiance en l’équipe de gestion, et en leurs capacités pour mener cette entreprise au niveau supérieur ». Paul B. Guenther prendra la suite de Riggio au poste de président. 

 

Il a également annoncé vouloir écrire un livre une fois sa retraite prise, mais pas les mémoires habituels de chef d'entreprise. À retrouver en dédicace chez Barnes & Noble dans peu de temps, sans doute...

 

(via The New York Times)