Léoville Poyferré, un grand cru pour Douglas Preston

Clément Solym - 28.04.2010

Edition - Les maisons - Saint - Julien - grand


S'cusez cette petite interruption dans nos programmes, mais y'a certains livres qui vous mettent le vin à la bouche. Littéralement. D'abord, je tiens à m'insurger pour les techniques viles et pendables dont certaines maisons tirent parti pour faire parler de leurs ouvrages. Bouh, c'est mal.

Ensuite, parce qu'il faut bien rendre à César ce que Cléopâtre a tenté de lui faucher avec son contrat de mariage, on vient de nous faire parvenir tout à la fois un communiqué pour annoncer la sortie d'un livre... et en parallèle une bouteille de Léoville Poyferré, 2nd grand cru classé 1855 de Saint-Julien.


Alors avant que tous les jaloux de l'idée ne crient au scandale, et que les farfelus ne braillent que l'on achète la presse, faudrait voir à pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Quand un éditeur, une NKM ou autres invitent des blogueurs à un dîner crie-t-on au scandale ? Si oui, z'avez raison, continuez, laissez les maisons manquer d'imagination pour que l'on parle de leurs ouvrages. Sinon... tant pis.

Ensuite, Léoville Poyferré, ce n'est pas tout à fait anodin : Douglas Preston, l'auteur de Croassements de la nuit et qui publie à l'Archipel ce mois-ci avec Child Valse macabre et Le piège de l'architecte explique lui-même ce choix. Il provient de son personnage, Aloysius Pendergast, « un “connoisseur ”, un gourmet qui n’aime que ce qu’il y a de meilleur. Il se damnerait pour un Château Latour 1945, mais vu son prix il n’en débouche qu’en de rares occasions. En revanche, son vin de tous les jours, si l’on peut dire, est un Saint-Julien Second grand cru classé en 1855, le Château Léoville Poyferré… »


En outre, Didier Cuvelier, dont la famille est propriétaire du château, parraine des manifestations littéraires, comme le Prix littéraire des mers du Sud. Un homme qui mériterait amplement de figurer dans nos rencontres Un livre Un vin.

C'est ce qui nous a d'ailleurs tout à la fois amusé et séduit, à la rédaction, mais également chez notre partenaire L'oenolimit : qu'une maison passe le cap de l'allusion pour lier les deux mondes, un peu à notre manière. Et fasse sortir soudain un élément du livre pour lui donner une consistance réelle.

Et les bêtes qui ne savent pas apprécier ce genre de cadeau ne savent probablement pas non plus ce qu'ils ratent. Ou alors ne le savent que trop bien. Rendez-vous pour la chronique des livres - peut-être pas les deux d'ailleurs.