Les 100 livres les plus censurés des années 2010, toujours présents

Antoine Oury - 28.09.2020

Edition - Société - livres censures - livres bannis - liberte publier


La semaine des livres censurés, ou des ouvrages bannis, se déroule jusqu'au 3 octobre prochain, aux États-Unis. À cette occasion, l'Association des bibliothèques américaines (ALA, American Library Association) rappelle que la liberté de publier et la liberté d'expression ne sont pas des acquis fondamentaux. Ces droits restent à défendre, en témoignent 100 livres, régulièrement victimes de tentatives de censure pendant la décennie écoulée.

Censorship


Une rétrospective de la censure à travers les dix dernières années : l'ALA a réalisé un top 100 des ouvrages les plus contestés, critiqués et, in fine, menacés de cette décennie écoulée. Le comité chargé de la liberté intellectuelle de l'ALA a réuni les données disponibles, et les différents cas recensés, pour établir un relevé le plus précis possible. Toutefois, précise le comité, entre 82 et 97 % des cas ne seraient pas signalés, et passeraient sous le radar.

Ces ouvrages font l'objet de tentatives de censure à cause des sujets qu'ils abordent (homosexualité, violences policières, religions...) ou du langage utilisé, jugé inapproprié pour telle ou telle catégorie de lecteurs. Sont particulièrement visés les livres pour enfants ou pour adolescents, que les adultes ont tendance à juger bien sévèrement...

Le comité chargé de la liberté intellectuelle de l'ALA relève également que les ouvrages qui ont fait l'objet d'une adaptation audiovisuelle, exposés sous le feu des projecteurs, ont plus de chances de s'attirer les foudres des censeurs en tout genre...

Les 20 premiers ouvrages de la liste sont les suivants :

The Absolutely True Diary of a Part-Time Indian de Sherman Alexie
Captain Underpants (série) de Dav Pilkey
Thirteen Reasons Why de Jay Asher
Looking for Alaska de John Green
George d'Alex Gino
And Tango Makes Three de Justin Richardson et Peter Parnell
Drama de Raina Telgemeier
Fifty Shades of Grey de E. L. James
Internet Girls (série) de Lauren Myracle
The Bluest Eye de Toni Morrison
The Kite Runner de Khaled Hosseini
Hunger Games de Suzanne Collins
I Am Jazz de Jazz Jennings et Jessica Herthel
The Perks of Being a Wallflower de Stephen Chbosky
To Kill a Mockingbird de Harper Lee
Bone (série) de Jeff Smith
The Glass Castle de Jeannette Walls
Two Boys Kissing de David Levithan
A Day in the Life of Marlon Bundo de Jill Twiss
Sex is a Funny Word de Cory Silverberg
 
Le reste de la liste, qui comprend un certain nombre de classiques comme Des souris et des hommes de John Steinbeck ou La couleur pourpre d'Alice Walker, est consultable à cette adresse.

Photographie : illustration, Oskari Kettunen, CC BY 2.0


Commentaires
On se pince en parcourant cette liste de cent livres menacés ou atteints par les ciseaux d'Anastasie !

Qui ne dort jamais, contrairement à certains fonctionnaires belges qui, pour faire un clin d'oeil, en ouvrent un !

(Notule au Maître du site, exterminateur potentiel de la galéjade qui précède, non provençale mais belgo-francophile: avant de la censurer en fulminant,veuillez vous souvenir gentiment qu'il ne s'agit que d'une vaillante tentative d'humour avec un grand U en des temps très glauques !

Et un grand salut aux fonctionnaires belges qui liraient ceci, parfaitement éveillés et scrutant un fil de discussion à suivre !)

Donc pour cette liste...

Sherman Alexie...!Toni Morrison...!Harper Lee...!

Aldous Huxley...!Steinbeck, Twain, Salinger, Anthony Burgess etc. !

Une parmi d'autres: Alice Walker et «The Color Purple».

Prix Pulitzer (fiction) 1983... National Book Award (fiction) 1983...

Le film de Spielberg (1985) !

Tant pis, on ne veut pas savoir: on censure, on censure !

Ouste, du balais, on dégage, out, achtung: verboten, etc. !

Eh bien tout cela rend le chef-d'oeuvre visionnaire d'Orwell «1984» plus pertinent que jamais, à égalité sans doute avec celui de Huxley «Brave New World», qui fait l'objet d'une adaptation en série télévisée que l'on pourra voir bientôt en France.

Ces deux livres tiennent compagnie bien entendu à leurs quatre-vingt-dix-huit petits camarades, pour la plupart ultérieurs mais peu importe !

Trois surprises néanmoins.

Pas de «And Then There Were None» d'Agatha Christie dans la liste -paratonnerre attirant les foudres de l'interdiction potentielle !

La modification du titre original «Ten Little Niggers» dès 1940 pour le marché américain par l'immense auteure ou autrice totalement autodidacte protège sans doute son invraisemblable best-seller des fourches caudines des éradicateurs stakhnanovistes.

Et même pas de «Gone With The Wind» non plus malgré les remous récents que nous savons autour de l'adaptation filmée tout aussi légendaire et controversée que le livre (il en fut question sur ce site) !

Stupeur de l'auteur de ces lignes de ne point y trouver «Uncle Tom's Cabin», l'oeuvre mythique -mais controversée elle aussi, longtemps après sa parution en 1852- d'Harriet Beecher Stowe, qui contribua (de façon plus ou moins apocryphe) à hâter l'abolition de l'esclavage dans le sud des États-Unis.

Remarque: ce livre de Beecher Stowe fut celui de l'avant-dernier siècle le plus vendu au monde, derrière la Bible.

Au siècle suivant, cet honneur échut à «Ten Little Niggers» -«And Then There Were None »- «Ten Little Indians» (pour ne mentionner que les trois titres anglo-saxons...sans censurer le premier !).

Et si en 1940 le livre de Christie conquit notamment les States sous le deuxième titre, celui de Margaret Mitchell «Gone With The Wind» fut un triomphe absolu.

En 2014, il est apparu qu'il était le livre de fiction préféré des Américains derrière...la Bible (!) -trente millions d'exemplaires vendus.

Pour Christie, à l'échelle mondiale, on parle d'une centaine de millions de copies qui ont déboulé chez des amateurs, et amatrices évidemment !

Donc il s'agit de trois triomphes littéraires inégalables (auxquels il ne manque que l'une ou l'autre petite tentative de censure, pourquoi seulement ces cent autres ?!).

Sérieusement...

Ces trois monstres absolus, hors d'atteinte, de la littérature anglo-saxonne mais à l'échelle mondiale sont bel et bien dus chacun...à une grande plume féminine !

Eh bien un grand coup de chapeau à ces dames: si «livre», «roman» ou «bouquin» sont des substantifs masculins, si on peut maintenant féminiser les noms «auteur» et «écrivain» qui s'ajoutent à la romancière de toujours, on souligne pour terminer -sans vouloir piquer les écrivains mâles - que le substantif «écriture» est bel et bien féminin !

On le préfère mille fois aux mots-harpies «censure» et «interdiction» dont nous toutes et tous devrions nous désolidariser avec fracas, j'espère !

CHRISTIAN NAUWELAERS
Et une petite rectification !

Prière de censurer l'adjectif «anglo-saxon» en ce qui concerne les livres de Beecher Stowe et Margaret Mitchell: il ne convient qu'à celui de l'Anglaise Agatha Christie, bien entendu !

Désolé.

CHRISTIAN NAUWELAERS
Bisque, bisque, rage !

C'est «du balai»...non du balais !

Décidément...

Pas balèze, ce soir, avec deux rectifications pour le prix d'une !

Et désolé encore une fois !

CHRISTIAN NAUWELAERS
Les livres en question ne sont pas censurés, mais disponibles à qui veut les lire. Le tract odieux de l'ALA et votre article sont des textes militants de désinformation pure.



Qu'il y ait des mécontents pour protester contre tel ou tel ouvrage est une chose, (et il n'est même pas sûr que l'ALA soit fondée à y redire).



Raconter que les livres sont censurés en est une autre, complètement différente, qui remplace une argumentation sur le fond par une pose victimaire.



Vilains petits gauchistes !
En réponse à Ohbahnon, message du 30 septembre.

Je me suis basé sur l'info disponible pour mon commentaire !

En fait de «vilains petits gauchistes», certains -pas les plus intéressants certes ni les plus positifs -sont justement de grands adeptes d'une «cancel culture» de plus en plus envahissante.

Je me vois donc -hélas - contraint de contester la pertinence de votre accusation finale du type «in cauda venenum», malgré son côté (plus ou moins)«tongue in cheek»...

La «cancel culture» est l'exact pendant moderne d'une pratique de la censure qui fut naguère -qui l'est encore ici parfois et dans certaines contrées certes - plutôt l'apanage d'une frange conservatrice et droitière de la société.

Donc ne mélangeons pas tout et l'info en question n'a tout de même pas été créée de toutes pièces par un Oury qui n'est certes pas...un corniaud, que je sache !

Par exemple, «The Guardian» puis «Le Figaro» ont bien annoncé à l'époque que le 3 décembre 2016, les classiques (pas les premiers brûlots venus) «To Kill A Mockingbird» de Harper Lee et «Adventures Of Huckleberry Finn» de Mark Twain ont été bannis des rayons des bibliothèques et des établissements scolaires dans l'État de Virginie, suite à la plainte d'UNE SEULE mère d'un élève métissé !

Un seul ! !

Et le livre de Lee a fait l'objet d'une «épuration» dès 2011 par la jeune maison d'édition(s) New South Books au nom prédestiné.

On réécrit l'histoire du Sud américain ?

J'espère que non...

Les «niggers» furent expulsés de l'ouvrage -ce qui nous rappelle quelque chose ! -et remplacés par des «slaves» -des esclaves.

Ce qui arrange tout et panse toutes les plaies, mille bravos !

Comme c'est simple de changer le monde de façon rétroactive !

Enfin il est certes toujours bon d'affiner, de préciser les choses.

On cherche la qualité et une certaine crédibilité sur ce site.

Contrairement à de trop nombreux canaux d'expression de la Toile, qui charrient des quantités astronomiques de commentaires et «infos» de millions de spécialistes dont les considérations supposément éclairées tirent frénétiquement à hue et à dia dans toutes les directions !

Allez donc vous y retrouver...

Soyons donc des écolos de l'info et tentons de pratiquer un tri que l'on qualifie de sélectif de manière parfaitement pléonastique mais bon...

Pour les interdictions mentionnées plus haut...

Elles sont concomitantes, justement, avec une posture victimaire qui pense pouvoir justifier des foules d'atteinte liberticides, justement !

Quand elles ne sont pas carrément révisionnistes dans certains cas, inculture crasse oblige.

Donc fuyons la confusion mentale et ne déformons point le réel; d'autres s'en chargent tout le temps; que ce soit sans nous !



ATTENTION DERNIÈRE MINUTE !

JOURNÉE DE LA LIBERTÉ D'EXPRESSION CE JEUDI 1er octobre !

Kamel Daoud chez Trapenard sur France Inter à 9h10 (info rigourezusement bétonnée et incontestable !).

CHRISTIAN NAUWELAERS
Rigoureusement sans «z»...Petite coquille (faute de frappe) mais tout le monde aura bien sûr rectifié !

CHRISTIAN NAUWELAERS
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