Les 30 ans de la mort de Romain Gary, « fêtés » dignement

Clément Solym - 02.12.2010

Edition - Société - romain - gary - anniversaire


Romain Gary, ou « le caméléon », a été l’auteur d’une grande mystification littéraire. Après avoir écrit sous de nombreux noms d’emprunt, il est le seul écrivain français à avoir remporté deux fois le prix Goncourt. Petit exploit quand on sait qu’un auteur ne reçoit le prix qu’une seule fois. Mais à l’époque, on ignorait que Romain Gary et Émile Ajar n’étaient en fait qu’une seule et même personne.

Le 2 décembre 1980, il y a trente ans, Romain Gary n’est pas le seul à s’être suicidé. Il se tire une balle dans la bouche et tue par ce seul coup Fosco Sinibaldi, Shatan Bogat et Émile Ajar. Il suit ainsi Jean Serberg, son ancienne épouse, 14 mois après son suicide et laisse Diego, leur fils.

Jean-Paul Enthoven raconte dans un supplément du point quelques anecdotes sur l’auteur. « Romain Gary avait acheté une robe de chambre "Aux laines écossaises", une boutique qui existe toujours sur le boulevard Saint-Germain. Il l'avait choisie rouge pour que les taches de sang liées à son suicide effraient le moins possible ceux qui seraient amenés à découvrir sa dépouille mortelle. Un geste d'une élégance typiquement "garyenne" » ajoute un journaliste du Monde.


Romain Gary n’était pas seulement un écrivain de renom et un grand mystificateur. Il avait d’autres aspects tels cinéaste, diplomate, marionnettiste. Toutes ses facettes montraient finalement son désir d’échapper à sa véritable identité : « J'éprouve parfois le besoin de changer d'identité, l'espace d'un livre » avait-il dit. Il n'était en fait « plus personne », estime Pavlowitch, son neveu.

En même temps que son identité - Roman Kacew, lituanien, devient Romain Gary, français en 1935 - son écriture a énormément varié au fil des années. Adoptant tour à tour des accents ironiques, touchants, fatalistes (dans le désordre), il publie une trentaine d’œuvres et d’autres restent à l’état de manuscrit, selon les volontés de l’écrivain : « Ce manuscrit de mon premier roman écrit à 17 ans ne doit pas être publié. Il peut être ouvert » avait-il inscrit sur le cahier de la geste grimaçante. Ce cahier sera d’ailleurs exposé - avec d’autres - pour la première fois au musée des lettres et manuscrits, qui consacrera du 3 décembre au 20 février 2011 une rétrospective à l’écrivain.

Et avec ceci, un documentaire sur la vie de l’auteur diffusé sur France 5 ce jeudi et deux livres publiés : le catalogue de l’exposition Lectures de Romain Gary et Romain Gary, l’enchanteur de Myriam Anissimov, un livre album.

Rendez-vous au Musée des lettres et manuscrits pour en apprendre plus.




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