Les 6-10 ans lisent plus que les trentenaires en Italie

Louis Mallié - 09.04.2014

Edition - Société - Italie - jeunes lecteurs - Lecture


On ne pourra plus entendre le sempiternel « les jeunes ne lisent plus » sans hausser les sourcils. Du moins en Italie. Effectivement, selon une étude de l'Istat (Italian National Institute of Statistics), le plus gros lectorat de la patrie de Dante serait constitué par les adolescents ! Fait encore plus intéressant : les 6-10 ans liraient même plus que les adultes entre 25 et 34 ans… 

 

 Pourcentage par région de familles possédant plus de 100 livres par maison

 

Même si le taux d'enfants âgés de 6 à 10 ans demeure élevé (40 %), la tranche d'âge dans laquelle on lit le plus en Italie serait donc celle des 11-14 qui contient 57,2 % de lecteurs. L'étude met en avant un autre fait intéressant : les filles lisent plus que les garçons dès l'âge de 6 ans, différence qui se fait plus large avec le temps. Aussi, 63 % des filles de 15 ans lisent, tandis que les garçons resteront toute tranche d'âge confondue sous la barre des 50 %… 

 

Par ailleurs, l'étude de l'Istat n'a pas manqué de pointer l'importance de l'environnement familial. En effet, 75 % des enfants dont les parents lisent, lisent également. Pour autant, « si les parents ne lisent pas, les enfants ne lisent pas non plus » est à nuancer : selon l'étude 35,4 % des enfants dont les parents ne lisent pas, liraient. Cette donnée devient encore plus importante si l'on considère que selon l'enquête, une famille italienne sur dix ne possède pas de livres à la maison…

 

L'étude présente également diverses données importantes, comme le fait qu'entre 2010 et 2013, le nombre de personnes ayant lu a diminué de 3,6 %, que les lecteurs lisant plus d'un livre par mois constituent 13,9 %, ou encore la profonde fracture entre le sud et le nord qui apparaît à travers les taux de lecteurs dans les régions (record négatif pour Puglia, Calabria, et Campania), de même les lecteurs en ville sont plus nombreux qu'à la campagne.

 

 Pourcentage par région de familles ne possédant pas de livres 

 

Il n'en reste pas moins que le contexte influe énormément. Outre les habitudes familiales, le lieu et le compte en banque jouent un rôle fondamental - bien plus gros que l'école. Le manque de politique pour inciter les jeunes à la lecture est le premier problème pointé par l'ensemble des professionnels. Avec celui-ci viennent ensuite l'inégale infiltration de la culture dans la société, et naturellement, les éternelles contraintes budgétaires : une fois de plus, trop peu de politiques publiques incitent à acquérir des livres. Or, l'une des principales raisons qui font que le lecteur se garde d'acheter un livre n'est autre que le prix, qui n'a pas diminué en dépit de la crise…

 

Quoi qu'il en soit, même si les jeunes continuent de constituer le plus gros noyau de lecteurs en Italie, certaines catégories n'ont pas échappé à des diminutions vertigineuses. Il en va ainsi des jeunes hommes âgés de 15 à 17 ans dont la part de lecteur a presque baissé de 10 %, passant de 48,9 en 2012 à 39,4 % en 2013… 

 

Giovanni Peressson de l'Association des éditeurs italiens a tout de même tenu à préciser qu'« il faudrait mieux considérer l'impact des ebooks et des applications de lecture, parce qu'alors, les données pourraient bien être encourageantes » lors de la Foire du livre jeunesse de Bologne à la fin du mois de mars.

 

Il faudrait en effet…