Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Les actionnaires de Barnes & Noble inquiets au sujet du Nook

Antoine Oury - 12.09.2013

Edition - Librairies - Barnes & Noble - Leonard Riggio - actionnaires


Mardi dernier, le créateur de la chaîne de librairies Barnes & Noble, Leonard Riggio, avait un rendez-vous dont il aurait probablement préféré se passer. Une réunion avec les actionnaires, alors que B&N affiche de mauvais résultats et une stratégie commerciale en dents de scie, voilà qui n'allait pas être une partie de plaisir. 

 


nook: Don't Panic

Mostly Muppet, CC BY 2.0

 

 

Au mois d'août, Barnes & Noble affiche une nouvelle ligne de pertes inquiétantes pour ses comptes : pour le premier trimestre de l'année fiscale 2014, c'est avec 87 millions $ de pertes qu'il faut compter. Publishers Weekly, présent lors de la réunion, souligne toutefois que Riggio s'est montré « génial, confiant et exubérant avec chaque actionnaire ».

 

L'expérience, probablement : en cas de coup dur, montrer sa démotivation aux actionnaires n'est pas particulièrement avisé. Le directeur exécutif, Mitchell Klipper n'avait pourtant pas hésité à se séparer d'une bonne partie de ses propres actions, en août, comme pour sauver ce qui pouvait encore l'être.

 

Tout ne s'est toutefois pas déroulé dans la joie et la bonne humeur : Gregory Maffei, PDG de Liberty Media et un des actionnaires de poids avec 17 % de la société en main, est ainsi monté au créneau. « Écoutez, personne n'est satisfait du Nook, il nous faut une nouvelle stratégie pour la lecture numérique, mais ce n'est pas évident face aux concurrents avec lesquels il faut rivaliser. »

 

Riggio a tenu bon : Barnes & Noble ne cédera pas son appareil à un acteur tiers : « Nous n'allons pas dévier notre route pour les profits. Les ventes en boutiques et en numérique marchent ensemble, et nous devons stopper ces baisses des ventes en les recentrant sur les contenus », a souligné Michael Huseby, PDG de Nook Media. En effet, si les ventes de readers sont en baisse, celles des livres numériques eux-mêmes ne décollent pas.

 

L'ambiance s'est tout de même légèrement refroidie au moment d'aborder la raison pour laquelle Leonard Riggio n'avait pas racheté la chaîne de librairies, comme il comptait le faire au mois d'août : « J'aime cette société et ce secteur, et ce n'est donc pas une question d'argent. C'est plus personnel. Je ne veux pas racheter les magasins et je n'ai pas l'obligation d'expliquer pourquoi. » Ambiance.