Les adieux du ministre à la profession

Clément Solym - 19.03.2012

Edition - Société - Mitterrand - Librairies - Livre


Après avoir passé une heure et demie à parcourir les différents stands lors de l'inauguration, Frédéric Mitterrand est revenu lundi 19 mars au Salon du Livre de Paris pour prononcer un discours initialement prévu dans les locaux du ministère. Avec des intonations d'adieux.

 

« Je me rappelle mon installation rue de Valois, a raconté le ministre. J'y suis arrivé avec le livre, en quelque sorte. J'ai trouvé sur mon bureau un volumineux parapheur que la direction du livre voulait me faire signer d'urgence : c'était la première attribution du label de librairie de référence. Le premier acte que j'ai eu à signer l'a été pour la librairie.» 

 

Le ministre s'est ensuite félicité du « chemin parcouru avec les acteurs de la filière » durant son mandat, sur le prix unique du livre numérique, sur l'exploitation numérique des oeuvres indisponibles, refusant de « céder sur la question des droits d'auteurs » et de « se voir imposer un partenaire unique pour numériser notre patrimoine ». 

 

 

 

Le ministre s'est encore dit « peiné des réactions d'hostilité » que le texte de loi sur les livres indisponibles a « suscitées ces derniers temps », estimant que « certains se trompent sur la portée de ce texte [qui permettra que] les auteurs maîtriseront complètement l'exploitation de leurs livres à travers la gestion collective ».

 

Frédéric Mitterrand a encore fait état d'une « responsabilité partagée autour de la librairie », affirmant que « l'État et les pouvoirs publics y prendront part ». L'augmentation des fonds d'accompagnement de la librairie, « pour faciliter son exploitation et défendre sa trésorerie », passeront par un renforcement des « moyens d'action du CNL ».

 

Concernant l'effectivité de la loi de 1981 sur le prix unique du livre, le ministre a voulu retenir la proposition de la mission sur la librairie, « d'interdire aux acteurs de la vente en ligne d'intégrer le montant des frais de port dans le prix public des ventes des livres ».

 

Enfin, le ministre a tenu relever « aussi plus particulièrement la proposition de donner à direction générale de la concurrence, au ministère des Finances, les pouvoirs de surveillance de la bonne application de la loi sur le prix unique », rebondissant ainsi sur un constat d'Hervé Gaymard qui estimait lors de débats « qu'aucune police ne contrôle l'application de la loi de 1981 ».