Les agents mettent en garde les éditeurs : discutez des droits !

Clément Solym - 10.06.2010

Edition - Economie - droit - auteur - contrats


Si l'on assiste en France à des petits bouleversements dans l'édition, du fait des contrats qui ajoutent la dimension numérique, fort heureusement, doivent se dire certains éditeurs, les agents ne sont pas aussi présents sur le marché qu'outre-Manche. Or, l'avantage d'un agent, c'est qu'il tente tout de même de tirer le meilleur pour son auteur.

Et si aux États-Unis, les préoccupations sont déjà largement connues et discutées, elles pourraient devenir rapidement problématiques en Angleterre, si l'on continue de les ignorer, rapporte The Bookseller.

En effet, Clare Alexander, de la société Aitken Alexander, a mis en garde tout un chacun sur l'emploi de termes comme droits dérivés dans les contrats, qui pourraient concerner tout ce qui est de l'ordre de l'adaptation - pour le cinéma, la télé, les jeux vidéo et autres.

Or, il est important de garder à l'esprit que la version numérique d'un livre n'est en rien un droit dérivé. « Les éditeurs cherchent naturellement à protéger leurs droits - particulièrement quand ils ont créé des oeuvres comme les ebooks augmentés ou les applications pour téléphone - mais ils génèrent une zone grise dans le droit d'auteur », commente Clare.

Et de recommander la bonne posture à adopter : prendre une chaise, discuter au cas par cas avec les agents pour trouver des solutions adaptées à chacun. Pour exemple de bon élève en la matière, Random House et Penguin, qui en Grande-Bretagne ont engagé des tractations avec les agents pour arriver à des solutions. En revanche, les autres, ceux qui ne négocient pas, comme cela s'est vu outre-Atlantique, vont droit dans le mur numérique.

C'est en tentant d'accaparer un maximum de choses, et en essayant d'obtenir bien plus que les droits dus contractuellement, les éditeurs eux-mêmes menacent les liens qui les unissent aux auteurs - et prennent le risque que le droit d'auteur ne s'érode.