Les aides du CNL au monde du livre : 23,8 millions € en 2018

Clément Solym - 27.03.2019

Edition - Economie - Centre national livre - aides industrie livre - libraires auteurs éditeurs


L’industrie du livre compte parmi les secteurs culturels les moins aidés par les subsides publics, faut-il le rappeler ? Oui : le Centre national du livre qui communique son rapport d’activité pointe qu’avec un budget de 27,9 millions €, et 23,8 millions € attribués au titre d’aides (subventions et prêts), il faut aussi de l’imagination pour faire tourner le monde littéraire.

Escale du Livre 2018 - Bordeaux
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

Malgré une diminution des aides en valeur — 24,5 millions € en 2017 — le CNL est parvenu à octroyer plus de soutiens : 2266 en 2018 contre 2227 l'année précédente. Et pour cause : ayant cessé de verser de l’argent à la BnF pour la numérisation des œuvres indisponibles (projet ReLIRE), l’établissement retrouve aussi de belles couleurs.

La répartition des sommes va majoritairement aux éditeurs (hors revues), avec 5,44 millions €, puis les structures d’accompagnement à 5,08 millions € (organisation professionnelles type BIEF, AILF ou SGDL) et viennent ensuite bibliothèques à 3,64 millions et librairies à 3,58 millions €. 

Cependant, l’une des missions premières du Centre reste l’aide à la traduction et aux auteurs, et ce sont 2,76 millions € qui ont été attribués en 2018 pour ce faire. Ce chiffre inclut les bourses aux auteurs, traducteurs, ainsi que les montants individuels alloués.
 

Les soutiens les plus significatifs au livre


Concernant les maisons d’édition, la publication reste le plus important chantier, avec 2,12 millions € de soutien puis la traduction, avec 1,23 million €. Les montants les plus importants alloués par titre sont les suivants : 
 
Bas la place, y’a personne, Dolores Prato, Verdier, 21 000 € (intraduction) 
De Gaulle, Julian Jackson, Seuil, 21 000 € (intraduction) 
La carte de France, Jean-Luc Arnaud, Parenthèses, 21 000 € (publication) 
L’aventure de la biodiversité, Hervé Le Guyader, Belin (Humensis), 21 000 € (publication) 
Un livre des martyrs américains, Joyce Carol Oates, Philippe Rey, 16 800 € (intraduction)


L’enjeu majeur de l’année 2019 restera sans nul doute la sécurisation du budget, puisque l’établissement est désormais financé sur le budget de l’État, et non plus des taxes affectées (reprographie), tel qu’en place jusqu’à lors. En outre, l’évaluation des dispositifs a permis, au cours de l’année passée, de pouvoir réformer le soutien aux librairies, en transformant son aide à la valorisation des fonds, et fait évoluer ses bourses aux auteurs et illustrateurs. 
 
Pour les libraires, justement, les 377 aides ont notamment profité au développement économique des structures, principalement : ainsi les cinq établissements qui ont bénéficié des plus importants soutiens sont les suivants : 
 
Ici (Paris) : création, 250 000 € (développement économique) 
Shakespeare and Co. (Paris) : extension/rénovation, 100 000 € (développement économique) 
Librairie des Bauges (Albertville) : rénovation, 90 000 € (développement économique) 
L’Armitière (Rouen) : extension/rénovation, 60 000 € (développement éco.) ; 5 000 € (valorisation des fonds) 
M’Lire (Laval) : reprise/rénovation, 65 000 € (développement économique) 


Pour les librairies françaises à l’étranger, le Centre continue d’œuvrer — notamment avec la première édition des Ateliers de la librairie francophones, qui se sont déroulés en juillet 2018, en collaboration avec le BIEF. 

Côté bibliothèque, trou les 3 millions € destinés à la BnF, c’est pour la diffusion du livre auprès de publics empêchés que le CNL intervient. Les cinq établissements les plus soutenus sont les suivants : 
 
Lire pour en sortir, centre pénitentiaire de Paris La Santé, 50 000 € 
ARL PACA, bibliothèques d’établissements pénitentiaires en PACA, 49 539 € 
Département de la Loire, direction départementale du livre et du multimédia, 43 351 € 
Lire c’est vivre, bib. étab. pénitentiaires de Fleury-Mérogis et de Corbeilles-Essonne, 42 700 € 
FOL Lyon Rhône, bibliothèques d’établissements pénitentiaires, 21 251 €


Enfin, parmi les manifestations littéraires, on retrouve toujours les grands rendez-vous connus, parmi les plus aidés : 
 
Festival international de la bande dessinée (Angoulême), 125 000 € 
Étonnants voyageurs (Saint-Malo), 115 001 € 
Les rendez-vous de l’histoire (Blois), 90 002 € 
Les assises internationales du roman (Lyon), 90 001 € 
Le marathon des mots (Toulouse), 80 001 €


On ne s’étonnera pas non plus que la région Île-de-France soit celle qui, en volume autant qu’en valeur, perçoive le plus d’aides — 1108 pour 14,58 millions €. 

Pour l’année en cours, les auteurs auront la priorité : une réforme des aides permet de passer à 3 millions € le budget qui leur sera alloué, contre 2,76 millions en 2018. En outre, la simplification des dispositifs, entrée en vigueur au 1er janvier 2019, de même que la dématérialisation totale des demandes d’aides, poursuit une mission de clarté et d’efficacité, de la part du Centre. 


Le rapport est à consulter ci-dessous, ou disponible au téléchargement, à cette adresse.

 




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