Les Allemands préfèrent les livres au streaming – mais adorent la télévision

Clément Solym - 18.01.2016

Edition - International - Netflix Streaming - Spotify musique - lecture livres


Netflix et Spotify ont peut-être gagné pour partie le cœur des utilisateurs, reste que les Allemands préfèrent toujours la lecture quand il s’agit de se détendre. Un sondage organisé par YouGov indique qu’ils sont deux fois plus enclins à ouvrir un bouquin qu’à se servir des services de streaming – voire même de se servir de leur lecteur ebook.

 

ADN

Dani Vazquez, CC BY SA 2.0

 

 

La moitié des Allemands lit au moins une fois par semaine, alors que 20 % utilisent des services de streaming vidéo et seulement 17 % recourent aux ebooks. Pourtant, le passe-temps favori de l’Allemagne demeure la télévision : 89 % des répondants passent une heure au moins devant le petit écran.

 

Le plaisir de la lecture, en terme de divertissement, a pourtant de beaux jours. 53 % des Allemands affirment avoir acheté un livre au cours des six derniers mois. Et 38 % en ont acheté un pour l’offrir. 

 

D’ailleurs, seuls 13 % disent qu’ils pourraient vivre sans livres – 14 % pour la télévision. Une vie sans musique conviendrait à 21 % d’entre eux et sans cinéma à 23 %. Les DVD, films ou séries concernent 24 %. 

 

De plus, 48 % assurent que les audiobooks ne sont pas importants pour eux, et 40 % jurent qu’ils pourraient facilement vivre sans les services de streaming musicaux. Ils sont 38 % à pouvoir supporter de ne pas se servir de streaming vidéo. 

 

Chose intéressante, le streaming est globalement moins apprécié par les femmes (40 et 41 % pour la musique et les films) que chez les hommes (respectivement 37 et 38 %). En revanche, comme on s’y attend, les jeunes de 18/24 ans sont plus susceptibles de pratiquer le streaming : ils sont 27 % à s’en dispenser, contre 50 % chez les 55 ans et plus. 

 

A contrario, la télévision est accessoire pour 21 % des 18/24 ans, contre seuls 10 % des plus de 55 ans. 

 

L’enquête concerne 2032 personnes sollicitées en ligne, du 18 au 21 décembre dernier. L’étude a été conduite pour le compte de l’agence de presse allemande, la Deutsche Presse-Agentur. (via horizont)

 

Le streaming, un avenir discutable

 

Si de plus en plus d’opérateurs se lancent dans les services de streaming – le rachat de Qobuz par la société Xandrie l’illustre – c’est pourtant avec l’idée de répondre aux attentes des clients. Ou de créer ce besoin. « C’est une société qui a été créée en 2008 et au-delà d’être un site de streaming, c’est surtout un site pour délivrer de la musique en haute qualité », expliquait Denis Thébaud, président de Xandrie, pour expliquer son investissement. (via RTL)

 

Depuis son lancement, Apple Music semble à ce titre conquérir de plus en plus de parts de marché. Avec 10 millions d’abonnés, la firme de Cupertino serait parvenue à exploser les compteurs. Il aurait en effet fallu près de six ans à Spotify, sorti en 2006, pour atteindre ce chiffre. 

 

Mark Mulligan, analyste de l’industrie de la musique pour le compte de Midia Research, considère qu’Apple dispose du « potentiel pour être le premier service d’abonnement de musique, dans le courant de l’année 2017 ». Mais on parle là du territoire américain. Et il faudrait rappeler encore que Deezer, le service français, recensait 6,3 millions d’utilisateurs en octobre 2015. (via Financial Times)

 

Pourtant, le streaming musical n’a pas fini de s’attirer les foudres... des artistes. Adele, véritable icône contemporaine, avait refusé de mettre sur les plateformes son dernier opus, 25. Selon elle, la musique est réduite à un consommable – une sorte de cartouche pour imprimante, en somme – et le streaming participerait à créer une forme de musique jetable.

 

Certes, c’est peut-être l’avenir, mais pas question de favoriser cette méthode d’écoute, s'emportait la chanteuse. D’autant plus qu’elle tarde à rétribuer correctement les auteurs...