Les Américains sont-ils réfractaires à la culture ?

Clément Solym - 18.02.2008

Edition - Société - culture - États-Unis - savoir


Souvenez-vous de cet article du Time qui avait bousculé les esprits nobles de notre terre de France, lorsqu'il était question de la culture française moribonde et mourant de par le monde...


Récemment une vidéo publiée sur YouTube a remis les pendules à l'heure : tout dépend encore du fuseau horaire...

Qui a assez faim pour manger une dinde ?

Une délicieuse blondinette participe à une émission de type : en avez-vous plus dans le crâne qu'un mioche de 10 piges ? Et la question à 25.000 $ tombe : « Budapest est la capitale de quel pays européen » ? Réponse de l'intéressée : « Mais je pensais que l'Europe était un pays... » S'ensuivent des errances infinies (voir la vidéo en bas de notre actualité), puis une série de quiproquos sur les noms des pays...

Quand on lui donne la bonne réponse, Hongrie ou Hungary en anglais, à prononcer "Hung'ry", elle s'interroge sur l'existence d'un pays qui se nomme « faim ». Puis d'évoquer le pays qui s'appelle « dinde » (Turkey ou Turquie... ).

Aculture ou malculture au pays de la malbouffe...

Bref, tout cela a inquiété, agité, et suscité des réactions, notamment de la part de personnes intelligentes. Premier point à constater, si l'Europe est vue comme un pays, c'est bon pour la CE, non ? Néamoins, Susan Jacoby a tenu à étayer des éléments dans un article du NY Times. Pour comprendre, tout de même.

Pour elle, deux mouvements parallèles ont fusionné aux États-Unis, qui marquent des tournants assez vertigineux : tout d'abord, un anti-intellectualisme, soutenu par l'idée que trop apprendre peut nuire à la santé, ensuite un anti-rationnalisme, s'appuyant sur ce qu'il n'y aurait pas de fait ou de choses évidentes, juste des opinions. Pour autant, ne constatait-on pas que les auteurs français avaient leurs émules dans ce coin du monde ?

Désintérêt, un constat regrettable

Ainsi, ses concitoyens pataugeraient dans une fange d'ignorance crasse, tant dans les domaines scientifiques, civiques ou culturels, mais surtout, ils considéreraient cela avec une indifférence totale. D'après un sondage mené par le National Geographic en 2006, la moitié des 18-24 ne verrait aucun intérêt à se tenir informé de ce l'actualité de leur propre pays. Alors celui d'une dinde, pensez donc...

Car l'inculture frappe : « en dépit de ce que les gens aillent de plus en plus longtemps à l'école », ils n'en retiennent pas grand-chose de plus. Un constat réalisé outre-Atlantique, mais qui surprendrait fort sous nos l’attitude... Elle pointe également le fondamentalisme religieux, qui entretient une certaine antipathie à l'égard de la science, autant qu'elle déplore la volonté de voir le créationnisme enseigné au même titre que l'évolutionnisme.

En somme, ça fait un partout, balle au centre ?