Les applications médias sont des gouffres financiers

Clément Solym - 24.11.2010

Edition - Economie - débit - vidéos - compression


Une conférence, donnée par David Link, fondateur de The Wonderfactory, et dont les propos nous sont rapportés par Forbes, souligne les difficultés des médias à se numériser via les applications.

David Link est le fondateur, mais aussi le directeur de la création de The Wonderfactory, une société de design numérique. Durant cette conférence, il résuma la situation en une phrase. Il déclara ainsi que produire et distribuer des magazines via des applications pour appareils mobiles était au final aussi coûteux que de les imprimer, si ce n'est plus.

Le problème réside, en partie, dans le débit. En effet, les versions des magazines pour applications sont des téléchargements massifs. Ce qui n'est pas un problème si vous passez par l'iTunes Store d'Apple. La firme à la pomme prend en effet en charge le téléchargement, mais sous certaines conditions, qui ne satisfont pas la majorité des éditeurs .


Apple prend en effet le contrôle sur les relations avec les clients, ainsi que sur le produit final, sans parler des 30 % en moins pour l'éditeur sur le prix de vente. De plus, Apple ne permet pas aux éditeurs de vendre des abonnements, mais seulement une copie à la fois.

Seulement, si ces derniers décident de passer outre Apple, et de bénéficier de tous les avantages que cela sous-entend, ils auront à payer le débit du téléchargement. En outre, les magazines veulent profiter des possibilités offertes par le numérique, et même via les applications. Ainsi, de plus en plus de vidéos et photographies accompagnent les articles, ce qui rend les magazines de plus en plus lourds.

De plus, selon Link, tout ce contenu ne se produit pas tout seul, et il demande de deux à cinq employés supplémentaires. Ce qui rend les applications médias difficiles à mettre en place, et coûteuses.

Cependant, car il faut bien de l'espoir, le débit est de moins en moins cher. Et la compression de fichiers est de plus en plus évoluée et efficace. Si on y ajoute les possibilités publicitaires des applications, il est possible de voir un bénéfice futur pour les magazines. Mais le présent n'est pas lumineux.

Et malgré tout cela, ActuaLitté a tout de même lancé son application pour iPhone avec plus de 400 téléchargements en quatre jours.