Les Archives nationales sauvent les Finances de Robespierre

Clément Solym - 12.05.2011

Edition - Economie - robespierre - acquerir - archives


Alors que plusieurs partis politiques sont dernièrement intervenus pour solliciter le ministère de la Culture, et empêcher que Robespierre ne quitte la France, c'est à contre-pied que la Rue de Valois a pris tout le monde.

En effet, les Archives de France viennent d'acquérir un manuscrit dudit Robespierre, intitulé Finances, et datant de 1791. L'auteur y évoque plusieurs sujets de son époque, et notamment la manière dont la politique financière adoptée causera la ruine du pays, autant qu'elle favorisera le développement des inégalités entre les personnes.

Travail de sauvegarde

Pour le ministère, content de son achat, c'est « une pièce essen­tielle pour la com­pré­hen­sion de cette période com­plexe de l'Histoire de France ». Et dans son communiqué, la rue de Valois considère que cet investissement « illustre la poli­tique d'enrichissement des col­lec­tions publiques mise en oeuvre par le minis­tère ». Fort bien.

Mais cela n'empêchera pas la vente qui doit se dérouler le 18 mai chez Sotheby's, alors que deux autres documents, estimés entre 200 et 300.000 € sont toujours mis en vente. Et c'est bien ceux-là que PS, PCF et PRG avaient souhaité que l'État préserve de la vente aux enchères.
Ce manuscrit inédit a été écrit par Maximilien Robespierre aux derniers jours de la Constituante vers 1791. Il est consacré entre autres aux finances du pays et aux moyens de les redresser, aux assignats, à la vente des biens du clergé, au discours de Necker et à l'ouverture des États généraux. Il dénonce également la politique financière adoptée qui conduit à la ruine du pays et à l'accroissement des inégalités.
Tout est politique...

Pour Pierre Laurent, secrétaire général du PCF, il était en effet « impensable que ces documents et sources historiques quittent la France au risque d'être dispersés ». De même, les socialistes avaient enfoncé le clou : « Ces documents (discours, fragments, articles, notes, lettres) font partie de notre patrimoine et doivent être rendus accessibles aux historiens, aux chercheurs, aux étudiants et à l'ensemble du public intéressé. »

Patrick Ollier, durant les questions posées au gouvernement, dans le cadre du Sénat était intervenu :

« Toute pression politique porte-préjudice à la cause que vous défendez et pourrait entraîner un accroissement du coût d'achat de ces manuscrits pour les finances publiques et donc pour les contribuables, et la spéculation. C'est pourquoi je ne dirai rien. » (via Le Monde)

Quant à la souscription de la Société des études roberpierristes, elle estime toujours qu'une préemption des Archives nationales pourrait sauvegarder ces documents...

Pour le moment, on ignore toujours si le ministère interviendra dans cette affaire, pour préserver le patrimoine historique du pays. Et acheter par la même occasion, le tapuscrit de Saint-Exupéry qui sera mis aux enchères le même jour...