Les diamants sont éternels, pas le contrat d'édition pour les livres

Nicolas Gary - 28.07.2015

Edition - Economie - contrat édition - publication livres - auteurs éditeurs relations


L’initiative Fair Contract, dégainée par l’Authors Guild, organisation représentant les auteurs aux États-Unis, se poursuit. Après avoir frappé fort en réclamant 50 % des revenus sur l’ebook, considéré comme une « juste rémunération des auteurs », voici la durée des contrats. Et l’AG n’y va pas de main morte : « Un contrat d’édition ne devrait pas durer toujours. »

 

Warlock vs. Adam Warlock (229/365)

JD Hancock, CC BY 2.0

 

 

« Les diamants peuvent être éternels, mais les contrats de livres ne devraient pas l’être. » Et d’affirmer qu’aucune raison ne justifie qu’un éditeur puisse prendre en otage un livre, grosso modo pour toujours – la durée du droit d’auteur et 70 ans après la mort de l’auteur. 

 

Attendu que la vie d’une maison peut passer par des rachats, des fusions, et ainsi de suite, le contrat d’édition doit refléter ces mutations : autrement dit, faire preuve de souplesse. À l’heure actuelle, les éditeurs tiennent pour acquis des contrats tels qu’ils ont été rédigés « depuis plus d’un siècle ». Et surtout, la relation tant vantée de collaboration en bonne intelligence entre l’auteur et l’éditeur « est rare aujourd’hui ». 

 

Dans le droit américain, les auteurs peuvent retrouver leurs droits après 35 années, ce qui reste un temps très, trop long. Et les procédures juridiques liées au préavis sont difficiles à comprendre et mettre en œuvre sans l’intervention d’un avocat. Conclusion, voici les trois perspectives pour l'avenir du livre : 

 

« Nous croyons que trois changements fondamentaux sont nécessaires d’urgence : (1) des contrats à durée limitée, (2) une clause qui permet de retrouver ses droits sur une œuvre non exploitée, (3) une définition incontestable et propre pour remplacer l’historiquement utilisé “out of print”, clauses qui ne sont pas pertinentes à l’ère numérique. »

 

 

D’ailleurs, note l’AG, les éditeurs savent très bien imposer des clauses établissant des périodes limitées pour la cession de droit pour des licences, en matière de droits étrangers, ou encore de poche. Pourquoi les auteurs n’en bénéficieraient pas ? Ainsi, le nouveau contrat d’édition devrait s’achever bien avant les 35 années de résiliations, d’autant plus que les solutions d’exploitation d’une œuvre par ses propres moyens sont aujourd’hui nombreuses.

 

Bien entendu, les écrivains s’attendent à une forte résistance de la part des éditeurs. Et ce, même s’ils sont pris en flagrant délit de non-exploitation. « C’est ridicule. » L’AG a la solution : dans les 18 à 24 mois après la publication, l’auteur, sur simple demande, doit pouvoir retrouver ses droits, en cas de non-exploitation. 

 

Sur la question des œuvres épuisées, l’organisation est plus radicale que jamais : elle propose de tordre le cou au concept suranné de « out of print » et d’introduire une notion bien différente, celui de l’œuvre « insuffisamment exploitée ».

 

Ainsi, pour un livre qui génère moins de 250 à 500 $ par an, on considérerait que l’éditeur est à mettre en cause, parce qu’il n’assure pas son rôle – une sorte de défaut d'exploitation. « L’utilisation du revenu comme critère, et pas un nombre de ventes définies, est essentielle », note l’AG. Et pour cause : il suffirait d’une campagne de vente à 1 cent pour que les titres se vendent par palettes...

 

On pourra retrouver l’intégralité des idées de l’AG à cette adresse.


Pour approfondir

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Traducteur : hélène morita
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Autoportrait de l'auteur en coureur de fond

de Haruki Murakami

Le 1er avril 1978, Murakami décide de vendre son club de jazz pour écrire un roman. Assis à sa table, il fume soixante cigarettes par jour et commence à prendre du poids. S'impose alors la nécessité d'une discipline et de la pratique intensive de la course à pied. Ténacité, capacité de concentration et talent : telles sont les qualités requises d'un romancier. La course à pied lui permet de cultiver sa patience, sa persévérance. Courir devient une métaphore de son travail d'écrivain. Courir est aussi un moyen de mieux se connaître, de découvrir sa véritable nature. On se met à l'épreuve de la douleur, on surmonte la souffrance. Corps et esprit sont intrinsèquement liés.

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