Les auteurs américains trop bornés pour le Nobel ? Des conneries

Clément Solym - 02.10.2008

Edition - Société - auteurs - américains - bornés


Giles Foden a tenu a répondre brièvement aux propos tenus par le secrétaire du Prix Nobel de littérature, Horace Engdhal, qui tirait un brin sur la corde, en précisant que non seulement les auteurs étaient « bornés », mais également « ignorants ».

Trop en tout cas pour espérer gagner un Nobel.

Mais hier est un autre jour, et si les réponses et indignations fusent de toutes parts, celle de Giles Fodent, romancier et professeur d'écriture à l'université d'East Anglia, en Angleterre, tient de la concision la plus extrême, et de la plus stricte vulgarité : « Des conneries ! ».

Insulaires ou bornés, ils ne l'ont jamais été ces auteurs. « La bonne réponse à Engdahl est un mot conçu en Amérique, mais universellement connu : bullshit. » Lequel signifie donc bien 'conneries'.

Pardon de le répéter autant, mais il est vrai que le ton péremptoire du petit Horace, qui avait l'an dernier salué une « hétérogénéité » de la sélection, n'est pas non plus une nouvelle.

Il avait déjà affirmé que l'Amérique du Nord accaparait l'esprit des lecteurs, pour son plus grand désarroi : « Pour moi, c'est de l'ignorance. Je ne trouve pas que les États-Unis soient le centre du monde littéraire. L'anglais est une langue importante, mais ce n'est pas la langue universelle. La seule langue universelle de la littérature, c'est la traduction. »

Pour l'heure, les principaux candidats en lice pour le titre seraient le vénérable universitaire et journaliste originaire d'Italie, Claudio Magris, qui serait passé devant Amos Oz ou l'Américaine Joyce Carol Oates.