Les auteurs d'Australie furieux : la création en danger

Clément Solym - 15.07.2009

Edition - Justice - australie - importation - livres


La Commission australienne vient de se mettre les auteurs du pays à dos, en faisant un pas supplémentaire vers la suppression de la loi sur l'importation de livres, qui permet, selon les professionnels, de sauvegarder pour l'heure la création littéraire au pays des kangourous.

Telle qu'aujourd'hui définie, la loi donne 30 jours à un éditeur pour fournir à un libraire une édition australienne d'un livre paru, afin de limiter l'import d'ouvrages issus d'éditeurs extérieurs au pays. Si le livre devient alors un peu plus cher, c'est au profit de l'identité culturelle du pays, préservée de l'invasion anglo-saxonne.

Et depuis hier, la Commission a demandé que l'on commence à revoir les règles de fonctionnement de cette législation, en suggérant très fortement que cette limitation soit supprimée. Les professionnels auront trois ans devant eux pour s'en accommoder : sa seule préoccupation dans cette affaire, soulignent les auteurs, est que le consommateur paye moins cher ses livres, au détriment des créateurs et éditeurs.

La loi et les subventions

Second coup de couteau, la Commission estime que les subventions aujourd'hui distribuées doivent être revues et mieux allouées, afin de cibler plus concrètement les éditeurs locaux, et renforcer la culture littéraire du pays. Mais pour Jeremy Fisher, directeur exécutif de l'Australian Society of Authors, cette décision est aberrante. Estimant que la création littéraire est la plus importante part de l'industrie culturelle dans le pays, et qu'elle jouit d'une reconnaissance internationale, supprimer la loi des 30 jours entraînera une déréglementation assurément.

Une décision qui depuis ses débuts fait en effet rugir les professionnels, à l'exception des libraires, qui pourraient proposer des ouvrages moins onéreux, mais seraient lésés sur le plus long terme alors. Et dépendraient de plus en plus de l'importation. Baisse des prix contre ébranlement du marché ? Ou plus concrètement, une industrie qui voit ses privilèges face à la mondialisation s'effriter ?

Les conclusions définitives ne seront connues que le 24 novembre.

 



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