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Les auteurs ne sont pas des marionnettes

Auteur invité - 09.05.2018

Edition - Société - Marie Sellier auteurs - rémunération auteurs société


Là, franchement, ça bastonne dur !
 

Les réformes sociales et fiscales actuellement en cours font purement et simplement l’impasse sur les auteurs, grands oubliés de la compensation de la hausse de la CSG...

Ignorants de la façon dont leur impôt sera prélevé à la source, bientôt privés de leurs organismes de Sécurité sociale, non consultés sur une réforme des retraites qui les concerne pourtant au premier chef, traités par le mépris lorsqu’ils demandent une révision de la circulaire des revenus accessoires qui permette enfin à ceux qui les invitent de les rémunérer...




 

Un coup par-ci, un coup par-là, on se croirait chez un Guignol qui aurait perdu la tête et cognerait sur les plus faibles. Sinon que sur la scène des castelets, les coups déclenchent l’hilarité des enfants, alors que dans la vraie vie, ils font mal et ne font rire personne.


Ceux-là même qui, dans leurs beaux discours, célèbrent la puissance, l’originalité et l’excellence  de nos créations, semblent ignorer que les auteurs ont une existence réelle.


Non, nous ne sommes pas de purs esprits. Non, nous ne sommes pas tous morts.   Nous avons des corps ; approchez et touchez si vous en doutez !


Nous sommes 270 000 !  270 000 artistes auteurs, ce n’est pas rien tout de même ! Mais nous dérangeons, car nous n’entrons à proprement parler dans aucune case. Ni salariés, ni indépendants, un peu des deux, nous débordons de tous les cadres. Ce qui est toléré et même souhaité  tant que nous restons dans le champ créatif, devient gênant dès lors que nous nous inscrivons dans une dimension économique et sociale.
 

États Généraux du Livre :
quand la Macronie méprise les auteurs français

 

Jusqu’alors, nous avions un semblant de statut, certes imparfait, mais que nous espérions perfectible. Aujourd’hui, nous assistons, impuissants, à son grand déboulonnage sans que rien de cohérent ne nous soit proposé à la place. Comme si personne n’avait conscience des spécificités de nos métiers, notamment la grande fluctuation de nos revenus.


Alors oui, nous sommes inquiets et avons donc décidé d’organiser des Etats généraux du livre, le 22 mai,  pour avoir enfin l’occasion de débattre sérieusement, avec ceux qui sont en train de les mettre en œuvre, de toutes ces réformes sociales et fiscales qui nous préoccupent.
 

Nous avons invité le Président de la République, le Premier ministre, les ministres de la Culture, des Affaires sociales, du Budget, des représentants de la Sécurité sociale. Aucun n’a jugé bon de répondre positivement à notre invitation. C’est dire l’intérêt que l’on nous porte.
 

L’un des principaux acteurs de l’industrie du livre
en situation d’extrême fragilité


Aujourd’hui les 270 000 artistes auteurs sont roupie de sansonnet pour ceux qui président à la destinée de la France.


De quoi déclencher une saine colère ! Venez nous rejoindre  nombreux, le 22 mai, à la Maison de la poésie pour ce qui ne sera pas un spectacle de marionnettes !
 

Marie Sellier, auteure et présidente de la SGDL
 




Commentaires

Il faut créer un système d'indemnisation des auteurs comme pour les intermittents du spectacle. Après tout sans auteur il n'y a pas de spectacle.
Oui, mais ont-ils réellement envie que ce système dont ils rêvent de se débarrasser depuis longtemps, autant pour des raisons idéologiques qu'économiques, fasse des petits ou s'engrosse d'une nouvelle population de créateurs, rajoutant une feuille au mille-feuilles, et de ce fait nourrisse la bête...
Ce qui serait plus approprié comme statut pour les auteurs (et autres artistes) c'est peut-être un statut similaire à celui des assistantes maternelles qui est un entre-deux mais en tenant compte des spécificités propres auteurs.Ceci pour ceux édités par les maisons d'édition et les auto-édités via des plateformes, pour les auteurs-entrepreneurs ce serait différent. D'ailleurs les auto-édités sont-ils invités à ces États généraux ?
C'est vrai que les auteurs sont les grands méconnus du moment.

On va écouter Argherich sans savoir ce qu'elle joue, voir X dans le Misanthrope, avez vous été à la Traviata de untel (mais untel, c'est le metteur en scène, ce n'est pas Verdi)...

On leur dénie jusqu'au droit de vivre puisqu'aussi bien, Internet instaure le gratuité des toutes les œuvres qu'elles soient littéraires ou musicales.

Il n'est que de comparer les obsèques de d'Ormesson et de Halliday pour en avoir l'illustration.

Et pourtant, au milieu d'un déluge de communication vaine, c'est si merveilleux que quelqu'un ait quelque chose à dire !



A moins de professer comme Vigny que :

Seul le silence est grand

tout le reste est faiblesse



Alors comme cela, il n'y aura plus d'auteurs du tout.

On râbachera...
Avec le numérique , publiez et imprimez à l'étranger ; si la France ne veut pas de nous , qu'elle se rassure nous pouvons faire malgré elle
Je ne veux pas un statut d'intermittent comme on l'entend pour les techniciens du spectacle, ça n'aurait aucun sens. Nous sommes des créateurs qui nourrissons une économie protéiforme (presse, édition, théâtre, ciné etc.) Un statut spécifique qui s'impose à l'industrie en général me semble justifié en fonction du fait que ce que nous produisons (essentiellement des idées et des connaissances originales) ne rentre dans aucune case du grand barnum fiscal. Les organismes pour réguler tout ça existent déjà. Suffirait d'un ministre qui porte cette idée et je ne crois pas que l'actuelle ait un quelconque intérêt à le faire.
La ME qui voudrait publier un manuscrit proposerait à son auteur de signer un contrat de projet (écriture) et de mission (représentation) pour lequel il s'engagerait sur 1, 2 ou 3 livres : la rémunération de ce type de contrat à durée déterminée serait constitué d'une part fixe (salaire) et d'une part variable (droits d'auteurs et droits dérivés).

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