Les auteurs préfèrent les blondes (en papier, évidemment)

Nicolas Gary - 22.07.2013

Edition - International - livre numérique - contact avec le papier - sensation de la lecture


Le livre est en danger, qu'on se le dise. Les attachées de presse le savent depuis des décennies : elles sont chargées de « défendre » un livre, contre la presse, les critiques et les oiseaux de mauvais augure. Désormais, les auteurs prennent les armes et montent au créneau : quelques années après le lancement du Kindle, toute la question est de revenir à des choses concrètes et fiables. Le papier et l'encre.

 

 

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katerha, CC BY 2.0

 

 

L'été dernier, le marchand Amazon faisait la Une en annonçant que ses ventes de livres numériques avaient dépassé celles de livres imprimés. Il fallait, comme toujours, se montrer circonspect, puisque la firme n'assurait pas non plus que les ventes de papier étaient stables. Bref, la communication était bien passée, et en l'absence de recul, tout le monde s'en était emparé. 

 

Avec l'arrivée de l'été, cette année encore, le livre numérique devient un camarade de jeu essentiel, mais pour certains auteurs britanniques, il manque quelque chose. Ce contact avec un authentique livre physique fait défaut, dans la relation à la lecture, et les écrans tactiles, qu'ils soient à base d'encre électronique ou ceux des tablettes n'ont pas cette âme dont le papier est investi. 

 

Alain de Botton, philosophe de son état, se revendique comme « un récent apostat vis-à-vis du livre numérique ». Autrement dit : s'il a bien pratiqué l'ebook, il n'y reviendra pas. Et pour cause : « Je me suis rendu compte que tout ce que j'ai lu sur mon Kindle, je ne parvenais pas à m'en souvenir sur le long terme. C'était comme si je n'avais rien lu », explique-t-il au Telegraph.

 

Même son de cloche pour Jilly Cooper, qui déplore l'ergonomie des lecteurs ebook, qui ne permet pas de prendre des notes correctement. Et surtout, finies les rayures, les ratures, les biffures : on ne griffonne pas un écran, et le formatage de la prise de note est simplement insupportable, assure cette auteure. 

 

Depuis le lancement en 2011 du Kindle, on assisterait à un enthousiasme qui décroît sur le territoire. Les projections montrent tout de même que les ventes augmentent encore, cette année, mais seulement de 20 % au total. Bien loin des fameux résultats de l'an passé, donc. 

 

En 2011, la hausse avait été de 366 % et 65 millions de livres en format numérique avaient été vendus au Royaume-Uni l'an passé. Ce qui représentait 17 % des ventes totales de livres sur le territoire. L'un des grands acteurs de cette réussite, c'était inexorablement la trilogie érotique de EL James, qui s'est classée dans le top 3 des ventes.