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Les auteurs refusent de plus en plus de vendre leur livre en Israël

Nicolas Gary - 18.07.2018

Edition - International - Israel Palestine affrontements - traduction livres Israel - traduction auteurs hébreu


Les relations entre Israël et Palestine impliquent des réactions où les prises de position sont toujours plus affirmées. Ainsi, plusieurs auteurs occidentaux choisissent de refuser que leurs titres soient pas traduits en hébreu ni distribués par des éditeurs israéliens. Tensions en perspective.

 

#From Singapore to Palestine
Muhammad Ashiq, CC BY SA 2.0

 

Kamila Shamsie, auteure anglo-pakistanaise, publiée au Royaume-Uni (traduite par Sylvie Schneiter en France, chez 10/18, avec Là où commencent et s’achèvent les voyages), fait l’objet d’une enquête de Haaretz. Dans un courrier adressé à son éditeur israélien, et en dépit de la traduction de son roman en hébreu, elle est montée au front.

 

Refuser d'être complice des complices
 

« Je serais très heureuse d’être publiée en hébreu, mais je ne connais pas d’éditeur (de fiction) hébreu qui ne soit pas israélien. Et je comprends qu’il n’y a pas d’éditeur israélien qui soit complètement détaché de l’État. »

Et de poursuivre : « Je ne veux pas franchir la ligne de démarcation formée par la société civile palestinienne, qui a demandé à tous ceux qui veulent changer la situation de ne pas coopérer avec des organisations qui sont d’une manière ou d’une autre complices de l’État israélien. »

 

Percutant, simple, redoutable. 
 

Mais ce type de refus n’est pas nouveau, indique Ornit Cohen-Barak, à la tête de la maison Modan Publishers. En réalité, elle-même l’a constaté depuis quelque temps, ce qui a entraîné un changement dans sa manière de travailler avec les auteurs. « Chaque fois que les gens recommandent des écrivains des pays arabes, j’essaie de vérifier avec eux qu’ils sont disposés à être publiés en Israël, parce que je n’ai pas le temps de lire des livres et établir des contrats si cela ne peut pas se faire. »

 

Tout aussi simple et redoutable. 

 

Or, explique l’éditrice, les refus des auteurs issus de pays arabes proviennent également de craintes pour leur propre sécurité — et pas simplement des inquiétudes liées au respect des Droits de l’Homme dans le pays. C’est souvent le cas, indique-t-on, pour des écrivains libanais, irakiens ou syriens.


Par exemple, le roman d’Alaa al-Aswany L’Immeuble Yacoubian (traduit par Gilles Gauthier, Actes Sud) aura attendu des années avant d’être finalement disponible pour le public hébreu. Après une dizaine d’années de refus, il fut publié voilà deux ans, avec un tour de passe-passe. C’est en effet Kinneret qui l’a fait paraître — maison qui travaille avec Toby Press. 
 

Des auteurs, lus à tout prix


Ziv Lewis, en charge des achats de droits pour Kinneret Zmora Bitan, autre maison généraliste, affirme n’avoir jamais rencontré d’auteurs qui soient proches du mouvement BDS. Le groupe Boycott, désinvestissement et sanctions est une campagne internationale encourageant à exercer toutes les pressions possibles sur Israël pour obtenir une cohabitation respectueuse avec les Palestiniens. 

 

« [Les auteurs] veulent que leur livre soit lu par autant de personnes possibles. Ils peuvent refuser de prendre part à la promotion, n’accepterons pas d’être interviewés — mais ils veulent être lus », indique-t-elle. 

 

Depuis longtemps, on sait que des écrivains de renom comme China Miéville ou Henning Mankell ont refusé la simple traduction et distribution de leurs titres par des maisons israéliennes. 

 

Mais cette tendance est en croissance, et l’éditrice de Modan Publishers cherche convaincre : « Cela existe depuis que je travaille, mais dans le cas d’un écrivain occidental qui ne veut pas être traduit en hébreu, je pense que cela vient d’un manque de compréhension. Après tout, la culture est ce lieu à même de combler les lacunes, alors qu’y a-t-il de bon à refuser» 

 

Difficile de se prononcer sans trop balayer la question : peut-être simplement une conscience personnelle et une meilleure connaissance que celle supposée par l’éditrice ? Le sujet se discute. 




Commentaires

Comme on les comprend, d'autant que vient d'être votée en Israël une loi définissant l'Etat hébreu comme "juif". Après l'Etat islamique ...bienvenue !
"Les auteurs issus de pays Arabes refusent de plus en plus de vendre leur livre en Israël"
China Miéville ou Henning Mankell qui avaient donné la tendance, sont tout de même loin d'être des auteurs de pays arabes.

Quant au parcours de Kamila Shamsie, il est tout de même très internationalisé

https://en.wikipedia.org/wiki/Kamila_Shamsie

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