Les auteurs toujours entre le marteau et l'enclume

Julien Helmlinger - 07.08.2014

Edition - International - Authors United - Amazon et Hachette - Négociations commerciales


En marge des négociations opposant Hachette à Amazon, des auteurs sur qui se répercutent les conséquences commerciales se sont réunis sous la bannière d'Authors United. Ce groupe militant était lancé par l'auteur américain Douglas Preston, à renfort d'une lettre ouverte signée par une légion de pairs. Celle-ci annonçait une pleine page de pub, publiée ce week-end dans le New York Times, et une stratégie à long terme visant à faire plier Jeff Bezos. Le moins que l'on puisse dire est que cette dernière idée risque d'être de circonstances.

 

 

Négociations fort de café pour les auteurs

CC by 2.0 par MIKI Yoshihito 

 

 

Ils sont ainsi plus de 900 auteurs à avoir signé la lettre du groupe Authors United, parmi lesquels Salman Rushdie, Stephen King, Mark Haddon, Sophie Hannah, Stephen King, James Patterson, Philip Pullman ou encore Donna Tartt. Mais si la page de pub est sans nul doute une bonne initiative pour faire davantage du bruit dans les médias, reste à voir si Amazon craint les vagues de ce genre.

 

Ce week-end, le New York Times relayera le message. Mais pour l'heure, via un courriel adressé aux membres de son groupe, Douglas Preston a pointé : « Il y a quelques jours, Amazon semble avoir serré encore un peu plus la vis sur les auteurs Hachette en éliminant la plupart de ses réductions sur la plupart de leurs livres. »

 

Les confrères de The Bookseller ont plus ou moins observé le cas à travers l'exemple des titres signés James Patterson, sans toutefois livrer de verdict indiscutable. Sur la plateforme d'Amazon, il se serait avéré que deux de ses livres publiés chez Little Brown bénéficiaient d'une réduction tarifaire au Royaume-Uni, quand la plupart de ceux étiquetés Hachette étaient vendus à plein tarif sur Amazon.com.

 

Dans le cas où ce genre de différenciation tarifaire serait fait sciemment par Amazon, son plaidoyer qui est de de se poser en chevalier défenseur d'un prix plus bas pour les lecteurs prendrait des allures de farce. Si l'on considère que la maison Kensington Publishing aura mis 18 mois pour négocier son contrat d'un an avec la firme de Jeff Bezos, la stratégie à long terme d'Authors United risque de ne pas être inutile.