Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Les autobiographies de rock star, toujours plus sexy

Cécile Mazin - 15.04.2014

Edition - International - rock star - rock'n roll - autobiographie


Ils vont tout dire, tout raconter, le pire et l'innommable, l'enfer et le bonheur, le meilleur et les orgies. Au menu, et par le sommaire, drogues, sexe, rock'n roll, si possible : les biographies des célébrités font les beaux jours de certaines maisons d'édition. Mais aussi les échecs cuisants, quand l'à-valoir est trop important, et que les ventes ne suivent pas du tout. Splendeur et misère des courtisanes, version éditoriale.

 

 

Karma to Burn

davebgimp, CC NC 2.0

 

 

Le New York Daily fait un petit état des lieux des grands noms signés, depuis Angelina Jolie en passant par Mike Jagger, ou encore, plus récemment Flea, le bassiste des Red Hot Chili Peppers. Constat simple : depuis 2010, l'éditeur Simon & Schuster n'a jamais autant publié de biographies de stars, explique l'éditeur Jeremie Ruby-Strauss.

 

Et l'engouement a commencé avec le blockbuster réalisé par Keith Richards, des Stones, Life. Un à-valoir monstrueux, 7 millions de dollars, et plus d'un million d'exemplaires vendus, de quoi rembourser l'investissement. Life fut un véritable phénomène, donnant des envies à toutes les maisons new-yorkaises…

 

Pour Lena Dunham, la créatrice de Girls, ce furent 3,5 millions $ versés, au titre d'avance. Celle perçue par Flea n'a pas encore été dévoilé, mais on parle nécessairement de sommes qui font tourner la tête. Dans le sillage des biographies de musiciens, comme Rod Stewart, Eric Clapton, Ozzy Osbourne ou Neil Young, tous ces livres sont de véritables succès éditoriaux.

 

Entre 250 et 500.000 exemplaires vendus à chaque fois, et toujours pour des stars du rock. « La star du rock typique a toujours plus de choses à raconter qu'une star de cinéma traditionnelle. Il y a quelque chose qui donne un certain avantage à être en tournée durant sa vie », explique Jo Piazza, auteur d'un ouvrage sur les célébrités.

 

Quand Warren Beatty ou Jack Nicholson signent des ouvrages, il imagine d'ailleurs aisément des à-valoir respectivement de 4 et 8 millions $. Ces livres donnent également l'occasion à ces personnalités de se livrer peut-être plus intimement, contrairement à un article dans un tabloïd : ici, le message peut-être contrôlé, maîtrisé, et les informations mieux diffusées. Surtout qu'en une période de réseaux sociaux à outrance, la notion de vie privée peut avoir tendance à fâcheusement déraper. 

 

Des stars, comme Mike Jagger, gardent pourtant la tête froide. En 1983, ce dernier devait publier son autobiographie, avec 1 million $ d'avance, sans pour autant sauter au plafond. Mais après quelques heures à gratter son passé, et tenter d'écrire, il décide que l'exercice ne l'intéresse pas du tout. Il renvoie alors l'avance à l'éditeur… Billy Joel a fait la même chose : son éditeur voulait de la drogue, du sexe, etc., tout sauf ce qu'il souhaitait raconter…

 

Les livres permettent enfin de fixer le destin d'une star, et tout particulièrement quand elle a a été frappée en plein vol. Tupac, Kurt Cobain, et bien d'autres encore sont immortalisés, durant quelque 300 pages, illustrées de photo. Dans tous les cas, les plus grandes biographies restent à écrire, surtout avec l'avènement de ces stars pour jeunes, comme Miley Cyrus, ou Justin Bieber…