Les avocats d'Armstrong sucent la roue du premier amendement

Julien Helmlinger - 12.08.2013

Edition - Justice - Lance Armstrong - Biographie - Mensonge


Des récits biographiques partis sur les chapeaux de roue en librairies, mais qui pourraient passer l'arrivée sur les jantes. Tandis que la class action visant le cycliste a été présentée ce 8 août, avec audition des éditeurs concernés, il revient au juge fédéral Morrison England de décider si la plainte des lecteurs californiens mécontents est recevable ou non. La défense de l'Américain invoque le 1er amendement de la Constitution, quand les plaignants estiment avoir été dupés par une campagne de publicité mensongère.

 

 

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Le verdict du juge, après audition des éditeurs concernés par le litige et suite au recours collectif déposé en janvier 2013, ne devrait désormais plus tarder. Pour les plaignants, qui se sentent escroqués et réclament plus de 5 millions de dollars de dédommagement, les livres du cycliste controversé sont directement liés à l'affaire de dopage ayant éclaboussé sa collection de maillots jaunes.

 

L'avocat Kevin Roddy a ainsi déclaré au juge : « Il a triché sur les courses de vélo pour vendre des livres, et a publié des ouvrages pour couvrir ses tricheries. Nous pensons que ces faits sont enlacés. »

 

Dans les faits, bien que le sportif avait admis en janvier avoir consommé des drogues illicites et autres transfusions sanguines pour doper sa carrière, son oeuvre littéraire comporterait leur lot de longs passages niant de telles pratiques.

 

Or les lecteurs voulaient lire un conte de fées, celui d'un homme frappé de cancer, qui remonte la pente à coups de pédales jusqu'à enchaîner honnêtement les victoires héroïques. En revanche ils n'auraient certainement pas souhaité acquérir les ouvrages s'ils avaient su que ces exploits étaient en partie dus à une forme de tricherie. Pour Roddy, il n'y a pas de doute, la célébrité et sa réputation ont contribué à la promotion des livres.

 

Pour les défenseurs de Lance Armstrong et ses éditeurs, les mensonges publiés dans les livres pointés seraient protégés par le 1er amendement de la Constitution, à savoir, le droit à la liberté d'expression. En raison du fait que le discours commercial échappe au cadre de l'amendement, il reste à déterminer si les trucages biographiques entrent en compte dans la publicité des ouvrages.