Australie : cuisiner des cupcakes illégaux pour les oeuvres jamais publiées

Antoine Oury - 31.07.2015

Edition - Bibliothèques - bibliothèque - indisponibles - Australie


Les bibliothécaires australiens prennent la littérature à l'estomac, pour sensibiliser à la cause des œuvres jamais publiées : la législation locale leur confère un copyright... éternel. Ce qui complique énormément la tâche des archivistes et des bibliothécaires : ils ne peuvent pas consulter et conserver des documents, correspondances, témoignages. La petite cuisine du copyright est en marche.

 

Large copyright sign made of jigsaw puzzle pieces

(Horia Varlan, CC BY 2.0)

 

 

Pour convaincre, rien de mieux que des arguments comestibles : les bibliothécaires australiens réclament une réforme du copyright, afin de pouvoir correctement assurer leurs missions, au premier rang desquelles la conservation du patrimoine. En effet, on imagine mal des archives complètes sur un auteur sans des extraits de sa correspondance, ou quelques exemples de brouillons.

 

Contrairement aux États-Unis, où le copyright éternel a disparu des textes en 1976 au profit d'une durée de protection égale à celle des œuvres publiées, le législateur australien ne s'est jamais penché sur la question. Les bibliothécaires, archivistes et leurs soutiens ont donc décidé de s'essayer à la cuisine illégale, puisque celle-ci est entièrement basée sur des recettes, jamais publiées, et donc sous copyright. 

 

Et puisque les arts de la table sont devenus des sujets parfaits pour les smartphones, la campagne se double d'un hashtag, #CookingforCopyright, pour montrer que le sujet mobilise les énergies. Les bibliothécaires se sont échinés à dénicher des recettes atypiques, comme celles que l'on trouve dans les notes du capitaine James Cook, célèbre navigateur britannique.

 

Les professionnels espèrent que la campagne convaincra le Parlement de plancher sur une réforme du copyright.

 

(via TechDirt, iDigitalTimes)