Les bibliothécaires manifesteront à Livre Paris contre les coupes budgétaires

Antoine Oury - 24.02.2017

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Alors même que l'organisation du Salon du Livre de Paris en dévoile le programme, un imprévu vient s'ajouter à la liste des réjouissances. Les bibliothécaires de Grenoble, soutenus par l'intersyndicale CGT-FO-SUD-CNT, donnent en effet rendez-vous à tous les professionnels le 24 mars prochain, pendant Livre Paris, pour manifester leurs inquiétudes et leur colère face aux coupes budgétaires qui menacent sérieusement le service public qu'ils assurent.

 

Livre Paris 2016

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Que l'initiative vienne de Grenoble n'a rien d'étonnant : depuis le mois de juin 2016, les bibliothécaires du réseau de la ville font face à un plan d'économie proposé par la mairie. 17 millions € devaient être économisés, du fait de la diminution des dotations de l’État, assurait la municipalité Europe-Écologie Les Verts/Parti de Gauche : pour le service public de la lecture, cela se solderait par les fermetures de trois bibliothèques de quartier et la suppression de 13 postes.

 

« Face à une attaque sans précédent contre notre métier, nos emplois et les valeurs du service public, nous combattons ces choix que nous jugeons délétères et qui, nous l’affirmons haut et fort, hypothèquent l’idéal démocratique », indique un tract signé par l'intersyndicale, relayé sur Facebook.

 

Dans un contexte social difficile, « fermer des bibliothèques, c’est selon nous, se montrer aveugle ou se faire complice du délitement de la société », soulignent les bibliothécaires de Grenoble. « Convaincus de l’utilité sociale de notre métier, de l’importance de son rôle éducatif et émancipateur, nous sommes fermement décidés à le défendre au plan national, en organisant le déplacement d'une délégation de bibliothécaires jusqu'au Salon du Livre de Paris d'une part, jusqu'au Ministère de la Fonction Publique d'autre part, pour exiger les moyens d'exercer un service public de proximité et de qualité », annonce l'intersyndicale.

 

Et la délégation pourrait se transformer en important cortège : « Faisant le constat que les bibliothèques de Grenoble ne sont pas les seules mises à mal et que d’autres bibliothèques françaises sont aux prises avec des difficultés similaires, nous appelons tous les professionnels de la lecture publique à rejoindre notre lutte pour revendiquer la préservation et la valorisation d’un métier d’engagement », propose le tract.

 

Ces derniers mois, plusieurs mouvements ont agité des bibliothèques en France : celles de Paris, tout d'abord, où l'ouverture le dimanche se fait sans les moyens adéquats, selon les syndicats, mais aussi celles de Sevran, où l'on craint des fermetures d'établissements. Les personnels de la Bibliothèque nationale de France ou encore ceux de la Petite Bibliothèque Ronde ont eux aussi dû se mobiliser à plusieurs reprises.

 

Et le tract de conclure : « Si vous aussi, vous refusez d’être les sacrifié-es d’une logique purement comptable de la société, si vous aussi vous refusez les coupes sombres dans les effectifs, les restructurations, la dégradation des conditions de travail, le démantèlement et la marchandisation du bien commun, si vous aussi vous êtes indigné-es par le rouleau compresseur de l’austérité budgétaire, rejoignons-nous le 24 mars prochain à Paris. »

 

Le choix du Salon du Livre de Paris n'est vraiment pas un hasard : des personnalités politiques y viennent souvent faire étape au cours de leur campagne, ou pour simplement soigner leur image politique (ce qui agace parfois les visiteurs, comme l'an dernier). Les bibliothécaires pourront peut-être interpeler Emmanuel Macron sur ses propositions pour ouvrir les bibliothèques le dimanche...

 

Mise à jour 28/02 :

 

Contrairement à ce qu'il est indiqué dans cet article, les économies prévues par la Mairie de Grenoble s'élèvent à 17 millions €, et non 147 millions €.

 

Comme précisé dans cet article, la Mairie de Grenoble a fermé les établissements Prémol et Hauquelin, mais maintient l'établissement Alliance, dans le cadre d'un projet pour en faire un « tiers-lieu ». Enfin, la Mairie de Grenoble nous précise que 6 postes sont supprimés sur les 197 que compte le réseau de la ville.