Les bibliothèques anglaises vont devoir se débrouiller seules

Clément Solym - 30.11.2010

Edition - Bibliothèques - conseil - oxford - économie


 Le conseil du comté d'Oxfordshire va stopper son financement pour 20 de ses 43 bibliothèques. Les communautés locales vont devoir prendre le relais.

Ils vont devoir s'en sortir avec les moyens du bord. Parmi les 20 bibliothèques menacées, 5 se trouvent à Oxford. Le conseil a appelé « les communautés locales à trouver des idées innovantes pour faire marcher leurs bibliothèques ». Pour l'instant, l'idée « innovante » que les bibliothèques anglaises peuvent se permettre est le bénévolat.

Un comté de plus où les bibliothèques sont menacées, et ce toujours par un plan d'économie, sur quatre ans, de 155 millions de livres sterling. Le conseil a cependant essayé de faire passer l'addition en soulignant qu'il aiderait les bibliothèques situées dans les zones les plus peuplées.


Il fournira ainsi : « un réseau de soutien de qualité des services de bibliothèque mobile et une extension du service de prêts entre bibliothèques afin d'inclure des livres électroniques et les téléchargements e-audio, de sorte que les gens puissent obtenir les livres qu'ils veulent directement sur leur PC à la maison ».

Dans sa grande mansuétude, le conseil de l'Oxfordshire a proposé de mettre un fonds de capitaux en réserve dans lequel les communautés locales pourront piocher afin de les aider à prendre les bibliothèques sous leur responsabilité. « Cela donnerait des services façonnés par les besoins des collectivités et éventuellement accueillis par les organisations partenaires offrant de l'espace dans les bâtiments communautaires, tels que les centres pour enfants, les centres communautaires, les écoles et les centres de santé. » a déclaré le conseil. Ce dernier a gracieusement évité de mentionner que les toilettes publiques pourraient aussi accueillir les bibliothèques.

En outre, le conseil a évoqué « d'autres changements aux niveaux de services dans les années à venir ». Ce qui ne laisse rien présager de bon pour le prêt des livres en Grande Bretagne. Même si Keith Mitchell, conseiller, a déclaré que le conseil avait « agonisé » sur chacune des propositions. « Nous sommes impatients de connaître les communautés locales et les organisations qui voudront prendre en charge les bibliothèques, et nous sommes sûrs de leur enthousiasme ». Ont-ils vraiment le choix ?