Les bibliothèques de Croydon ont trouvé un gérant privé

Clément Solym - 30.11.2012

Edition - Bibliothèques - Croydon - Bibliothèque - Privatisation


En Angleterre cela fait plusieurs mois que les bibliothèques sont sur le devant de la scène et font l'objet de vifs débats. Le gouvernement conservateur a décidé de faire des économies dans ce débat, ce qui est loin de faire l'unanimité dans le pays. Alors qu'en France privatiser une bibliothèque municipale semble tout bonnement impensable, les Anglais ont franchi le pas, pour le meilleur ou pour le pire, l'avenir nous le dira.

 

Croydon College, Croydon, London CR0

Croydon College,  Kake Pugh, CC BY-NC-SA 2.0

 

 

La municipalité de Croydon, ville de la banlieue sud de Londres, a annoncé le nom de l'entreprise choisie pour la gestion de ses 13 bibliothèques. Attention, ils n'ont pas cédé les murs des établissements au secteur privé, ils restent donc propriétaires des lieux. Les détails ne sont pas connus pour l'heure, on sait surtout que l'entreprise John Laing Integrated Services a décroché un contrat d'une durée de huit ans.

 

L'entreprise a paraît-il fait consensus chez les membres du Corporate Services Committee chargé de prendre la décision finale lors d'une réunion confidentielle, malgré les protestations des habitants. Depuis l'annonce de la privatisation en septembre 2011, de nombreux citoyens de la ville se sont mobilisés contre cette mesure : leur action via les réseaux sociaux n'a de toute évidence pas eu grand effet sur la décision.

 

Du côté de la mairie, on se veut bien sûr rassurant. Paul Greenhalgh, en charge de notamment de l'éducation de la ville, a déclaré que le choix s'est opéré après un processus « minutieux ». À sa décharge, il faut bien avouer que cette solution est préférable à la fermeture pure et simple de bibliothèques comme il est envisagé à Newcastle.

 

Du côté de l'opposition travailliste, le son de cloche n'est bien sûr pas le même. Le conseiller Timothy Godfrey, également membre du Shadow Cabinet, s'inquiète du manque de précisions du plan retenu. « Il s'agit ici de faire du profit avec des services publics. Le parti travailliste ne pense pas qu'il s'agit de quelque chose de bien. » Les travaillistes entendent annuler ces mesures s'ils gagnent les élections de 2014.