BiblioBox, boîte magique pour bibliothèque en manque de numérique

Antoine Oury - 23.06.2014

Edition - Bibliothèques - BiblioBox - dispositif de stockage - fichiers numériques


Bien qu'ils soient devenus un produit de consommation courante dans la vie de chacun, les fichiers numériques ne sont pas encore entrés largement dans les bibliothèques. La faute à des systèmes informatiques trop complexes, et à des limitations dans les usages. La BiblioBox, un dispositif de stockage accessible via un réseau WiFi, permet de contourner ces obstacles et de refaire du bibliothécaire un conseiller culturel pour tous.

 


Library Box/BiblioBox/Energy Box/Pirate Box

La BiblioBox de Thomas Fourmeux, de la bibliothèque d'Aulnay-sous-Bois

(ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 

 

Routeur, firmware, Linux, lignes de code... Autant d'éléments qui feraient fuir n'importe quel habitué à la simplicité du prêt et de la médiation physique. Pourtant, la BiblioBox est devenue un « dispositif de stockage et de partage très simple à mettre en place », explique Thomas Fourmeux, assistant multimédia au sein des Bibliothèques d'Aulnay-sous-Bois. La preuve ? Lui-même n'est pas un adepte du code, reconnaît-il.

 

La BiblioBox, ou Library Box en VO, créée par Jason Griffey, se compose de plusieurs éléments : une clé USB lambda, qui servira d'espace de stockage pour les fichiers numériques, un routeur, l'élément central qui permet de créer le réseau WiFi sur lequel les usagers pourront se connecter. La source d'énergie, elle, est variable : un ordinateur relié en USB, une prise secteur ou encore une Energy Box (comme sur la photo ci-dessus), sur batterie ou énergie solaire.

 

« Le dispositif complet nécessite un investissement de 50 € », explique Thomas Fourmeux, en comptant le routeur et la clé USB. Bien évidemment, l'espace de stockage dépendra de cette dernière, et pourra donc être ajusté selon les fichiers stockés. Quant au routeur, il s'agit du type de matériel habituellement utilisé avec une clé 3G pour créer un réseau WiFi. Son petit nom est TL-MR 3020, créé par le constructeur TP-Link et disponible sur à peu près tous les sites d'électronique.

 

« La première version de la BiblioBox était un peu fastidieuse à mettre en place, parce qu'elle nécessite de remplacer le firmware [système d'exploitation, NdR] du routeur par un autre, qui en débride les usages. » La version 2 de la BiblioBox propose un processus d'installation plus simple, « autant que l'installation d'un logiciel », assure Thomas Fourmeux.

 

Pour l'utilisateur, la connexion à la BiblioBox est simple comme un jeu d'enfant, sur ordinateur comme sur smartphone : il suffit de repérer le réseau WiFi et s'y connecter avant d'ouvrir son navigateur pour découvrir le contenu de la Box.

 

 

 

 

Les contenus seront téléchargeables ou lisibles en streaming. L'intérêt de la BiblioBox, c'est que le dépôt de fichiers par les usagers n'est pas possible, et garantit donc l'intégrité et la sécurité du réseau, ainsi que la légalité des fichiers partagés, choisis par le bibliothécaire. La Pirate Box, une autre version de la Box reposant sur le même principe, permet, elle, le dépôt par les utilisateurs.

 

Thomas Fourmeux a utilisé la BiblioBox au cours du festival des Futuriales, dédié aux littératures de l'imaginaire, à Aulnay-sous-Bois. « Le thème de cette année était le space opera, et nous avons donc sélectionné une variété de contenus libres, dont Le voyage vers la Lune de Méliès ou des comics des années 1950 dans le domaine public », explique-t-il.

 

La recherche de fichiers s'effectue via des outils en ligne, comme le calculateur du domaine public, encore en construction, ou des moteurs de recherche de contenus sous Creative Commons

 

« La BiblioBox est particulièrement intéressante pour les établissements qui sont dépourvus de ressources numériques », souligne Thomas Fourmeux. D'autant plus que son utilisation n'est limitée que par l'imagination des bibliothécaires : des musiciens locaux pourraient voir leur répertoire mis en avant, des réalisateurs disposeraient d'une diffusion en bibliothèque, ou des auteurs autoédités bénéficier d'un relais pour leur prose. Avec le bibliothécaire en fournisseur de culture avisé.