Les causes de la dyslexie seraient anatomiques

Laure Besnier - 27.10.2017

Edition - Société - Dyslexie Explication - Etude scientifique dys - Cause dyslexie


Deux physiciens de l’université de Rennes 1, Albert Le Floch et Guy Ropars, pensent avoir découvert l’origine de la dyslexie. Leur étude a été publiée mercredi dernier, dans la revue scientifique réputée The Royal Society. Pour résumer, la dyslexie proviendrait de la symétrie des « centroïdes de la tache de Maxwell », des récepteurs de lumière présents dans les yeux. 


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Daniel Wehner, CC BY 2.0
 


 

Comme le rappelle la Fédération Française des DYS (FFDYS), la dyslexie est une « altération spécifique et significative de la lecture […] et/ou de la production d’écrit et de l’orthographe (dysorthographie). Ces troubles apparaissent dès les premiers moments de l’apprentissage. […] La déficience liée à la dyslexie est d’intensité variable selon les individus ». Le trouble touche environ 10 % de a population mondiale, soit 700 millions de personnes. 

 

Les physiciens Albert Le Floch et Guy Ropars expliquent avoir comparé dans leur recherche, publiée par The Royal Society, les résultats obtenus avec 30 étudiants dyslexiques et avec 30 étudiants non dyslexiques.

 

Dans chaque œil se trouve une tache de Maxwell. C’est une zone de la rétine caractérisée par une concentration de cônes, c'est-à-dire des photorécepteurs. Chez les personnes non dyslexiques, les taches dans chaque œil ne sont pas les mêmes : elles sont dites asymétriques.


« Celle de l’œil directeur est parfaitement circulaire tandis que l’autre a plutôt une forme de patate diffuse » indique Albert Le Floch à Ouest France. Ainsi, « Si par exemple vous regardez la lettre “b”, votre œil directeur va parfaitement l’imprimer dans une partie de votre cerveau tandis qu’une image inversée fantôme, donc un “d”, sera stockée dans une autre partie. Mais le cerveau ne tiendra pas compte de cette lettre fantôme. »

 

En revanche, selon les résultats obtenus par les physiciens, les taches de Maxwell chez les personnes dyslexiques sont parfaitement identiques et symétriques. « Ils n’ont donc pas d’œil droit ou gauche directeur et l’image fantôme de la lettre ne va pas s’effacer » : le cerveau ne sait pas quelle lettre sélectionner entre ces « images-miroirs ». « L’asymétrie est nécessaire pour éliminer l'image miroir, qui empêche une lecture normale si elle persiste comme chez les dyslexiques », déclare Guy Ropars à l’AFP. 
 

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Alors que faire de ces observations ? Peut-on soigner la dyslexie avec ces nouvelles informations ? Cela pourrait être envisagé : « Nous avons compris ce mécanisme et également mis au point un système de lampe de lecture qui permet de corriger cette anomalie. Nous espérons que ça pourra déboucher sur de nouvelles approches de traitement de la dyslexie. » Un bel espoir.