Les cendres de Gabriel García Márquez transportées dans sa Colombie natale

Joséphine Leroy - 18.05.2016

Edition - International - Gabriel Garcia Marquez Cent ans - Marquez Colombie Nobel - mort écrivain littérature


Les cendres de Gabriel García Márquez, le prix Nobel de littérature décédé le 17 avril 2014 à Mexico, ont été transportées jusqu’en Colombie, la terre natale de l’écrivain, et seront déposées à l’Université de Carthagène, au nord du pays. 

 

Gabriel García Marquez

(Wolf Gang / CC BY-SA 2.0)

 

 

L’un des deux fils de « Gabo », Gonzalo García Barcha, l’a annoncé : « Les cendres sont en Colombie. » L’écrivain habitait à Mexico avec son épouse Mercedes Barcha depuis les années 1980 et il y est mort en 2014. Que va-t-il advenir de ses cendres ? « Les cendres resteront ensuite dans ce même lieu », dans un cloître de la Merced qui fut auparavant un couvent du centre historique de Carthagène des Indes.

 

Dimanche, la famille inaugurera un monument où se trouvera le coffre qui renfermera les cendres de l’auteur, lui-même contenu dans un buste de bronze à l’image de Gabo. Une œuvre en mémoire de l’écrivain élaborée par l’artiste britannique Katie Murray. 

 

Le cloître se trouve non loin de la maison où vivait celui qui a écrit Cent ans de solitude, ce fabuleux récit où les générations se suivent, se confondent, se ressemblent désespérément. Récit inspiré par le rythme cyclique et la proximité de l’homme avec la nature, issus de la tradition maya, et dont le terme sera marqué par l’apparition de la technique et de la marchandisation abusives. 

 

L’écrivain, né dans la petite ville d’Arataca située sur cette même côte caribéenne, avait commencé sa carrière en tant que journaliste. Il allait régulièrement dans la ville de Carthagène, dans laquelle il avait créé la Fondation pour un nouveau journalisme ibéro-américain (FNPI), formation pour les reporters de la région. 

 

Son fils a retracé, par un appel téléphonique émis de la France, où il réside désormais, l’historique familial : « Carthagène est la ville où la famille Garcia Marquez s’est centrée. C’est là que sont enterrés mes grands-parents. Il nous a donc paru naturel que les cendres de mon père y soient également. » « C’est un grand honneur. Je suis très ému », conclut-il avec émotion.  

 

Dans un communiqué, l’Université a précisé que « tout [était] prêt pour la demeure éternelle de Gabriel García Márquez » et décrit plus loin les conditions d’accueil pour la cérémonie : « Les cendres de Gabriel García Márquez transportées dans sa Colombie natale. À la demande de la famille, ce sera une cérémonie simple où se retrouveront des invités ainsi que des amoureux de la culture, des écrivains reconnus [...], des journalistes », dont William Ospina, Hector Abad, Juan Gossain ou Daniel Samper.

 

Le président, Juan Manuel Santos, devrait aussi également faire acte de présence. De même que dans ses œuvres, on retrouve comme un retour évident à la source. 

 

Documentaire et archives 

 

Un documentaire colombien qui lui avait été consacré l'année dernière — dont le dernier chapitre a été diffusé en janvier —, revenait sur le rôle diplomatique qu'il avait exercé auprès des personnalités politiques du pays, sans jamais accéder à quelque poste que ce soit. L’auteur de Chronique d’une mort annoncée était un homme politique engagé qui œuvrait pour la paix dans son pays en demandant par exemple au gouvernement colombien de négocier avec des guérillos.

 

« Gabriel Garcia Marquez a réussi, par son décès, à mettre d’accord pour la première fois deux ennemis jurés : les guérillas des Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes (FARC) et l’ancien président [conservateur] Alvaro Uribe (2002-2010), qui se sont lamentés d’une seule voix à la mort de l’écrivain lauréat du prix Nobel de littérature en 1982 », relevait El Nuevo Herald après sa mort. Un documentaire récent lui avait été consacré, réalisé par l'allemand Justin Webster, intitulé Gabriel Garcia Marquez : écrire pour vivre.

 

Début 2016, l'Université du Texas procédait à la numérisation de 24.000 pages obtenues à partir des archives de l'écrivain. À partir de juin, pour 18 mois, les documents rédigés par l’auteur passeront sous les scanneurs. Les manuscrits, les cahiers, les albums, photographies ou autres feuilles volantes sont compris dans une période allant de 1950 à 2013.